Usages du monde

La quatrième saison de paysage>paysages aborde le paysage par le dépaysement. On se sent parfois dépaysé devant un paysage, sans pourtant parvenir à cerner ce qui nous déconcerte, nous désoriente ou nous égare dans ce qui se tient face à nous, irréductible à nos expériences antérieures. De nouvelles émotions prennent formes, encore chancelantes, fragmentaires, équivoques, qui pourront lentement gagner en consistance, se clarifier. Cette quête du dépaysement a été longtemps une expérience esthétique rare, une recherche d’harmonie méditative ou initiatique. Certaines figures vagabondes comme Victor Segalen ou Nicolas Bouvier furent véritablement poreuses, traversées par le monde et ont rédigé des carnets éblouissants sur ses usages possibles. Mais dans la plupart des récits de voyage, l’exotisme a évité l’expérience troublante de l’altérité. Le timbre-poste, la carte postale, la page de veille des écrans d’ordinateur ou le dépliant d’agence de voyage sont en quelque sorte les icones insouciantes et illusoires de cette banalisation du dépaysement. Les paysages lointains se sont imposés dans nos imaginaires comme des décors hors sol, débarrassés des lignes de forces dérangeantes qui les innervaient en profondeur.

Cette extraction du sol domine désormais nos vies, y compris dans la perception de notre voisinage proche. Notre cadre familier apparait aujourd’hui sans cesse « dépaysé », vacant, noyé dans une uniformisation planétaire. La déterritorialisation est devenue l’expérience dominante du monde contemporain. C’est une forme amplifiée, mais comme inversée, du dépaysement. Elle désaccorde le lieu à ses soubassements, aux usages et aux complicités accumulés au fil du temps, pour ne laisser subsister qu’une dépouille démembrée de paysage. Les lieux de l’industrie touristique, de l’industrie agricole, des hubs de transport et des plateformes offshore occupent les pays comme une armée étrangère, dans l’amnésie, l’ignorance, le mépris des appartenances. Ce sont des lieux clonés sur un modèle dont la plantation coloniale fut à la fois le précurseur et le prototype. Des lieux qui s’épanouissent aujourd’hui uniformément et qui assèchent pourtant les potentialités du monde et les usages dissidents…

Nous vivons dans l’illusion d’une forme paysagère stable, multipliable à l’identique, alors même que la métamorphose rapide de nos écosystèmes nous rappelle chaque jour la nécessité d’une amplification de nos capacités de perception sensibles. Le dépaysement pourrait être fécond si nous apprenions à régler notre attention sur de minuscules portions de pays. Un réduit de paysage qui peut se révèler un condensé d’une densité insoupçonnée, et dont l’observation attentive permet de déployer des virtualités infinies.

Philippe Mouillon, LABORATOIRE

PROGRAMME :

Pour cette saison 4, Ça Remue ! invente des connivences nouvelles, iconoclastes et ludiques, entre porteurs d’intuitions scientifiques, artistiques et vernaculaires pour questionner nos usages du monde et les réinventer.

  • Nos nécessaires complices sont siffleurs d’oiseaux, anthropologues, bergères et bergers, performeuses, philosophes, physiciens, écologues, chasseuses d’échos, de nuages, architectes ou paysagistes…
  • Trois jours durant, ils vont concentrer leur énergie pour nous aider à ne plus surplomber le monde mais à l’accueillir tel qu’il palpite,
  • Le site historique du musée Dauphinois est transformé en un intense millefeuille d’expérimentations autour de ses composantes invisibles, négligées ou silencieuses, pour faire émerger des usages plus appropriés du monde.
  • En intercalant performances en extérieur, débats et conversations publiques, ces journées multiplient les formes d’intelligences collectives, de partage et de transversalités des savoirs afin de gagner en lucidité.

USAGES DU MONDE 

TABLE RONDE PUBLIQUE 01 – MÉTAMORPHOSES : 

jeudi 15 / 10H > 13H / Chapelle / musée Dauphinois (Entrée gratuite dans la limite des places disponibles. Réservation indispensable ci-dessous)

Autour de Nastassjia Martin, Marie-Pascale Dubé, Jean Bouscault et Johnny Rasse, Marie Chéné, Alexandra Engelfriet. « De plus en plus perméable, j’ai l’impression de prendre l’eau » résume Nastassja…. Ils sont artistes ou anthropologue, mais ils ont en commun de se tenir depuis l’enfance au bord de plusieurs mondes, les associant avec virtuosité par leurs capacités d’écoute, d’accueil, de traduction ou d’interprétation. Ils nous révèlent des voix enchevêtrées où l’humain et le non-humain dialoguent, des voix incertaines, fragiles, floues, déconcertantes, des résurgences obstinées qui nous offrent à percevoir comme une texture des premiers matins du monde ou à imaginer avec confiance les métamorphoses à venir du vivant.

TABLE RONDE PUBLIQUE 02 – ANIMALITÉS :

jeudi 15 / 14H > 17H30 / Chapelle / musée Dauphinois (Entrée gratuite dans la limite des places disponibles. Réservation indispensable ci-dessous)

Autour de Pierre & Rémi Janin, Bruno Caraguel et Gilles Clément pour débattre de territoires attentifs aux formes vivantes et qui y puisent inspiration. Les frères Janin sont architectes, éleveurs et paysagistes. Ils utilisent le bétail ou les labours comme des vecteurs performants d’aménagement paysagé. Ils prennent en considération, dans le sens le plus puissant du terme, la nature environnante, la densité poétique du lieu, les êtres vivants qui le peuplent pour penser les spécificités territoriales. Bruno Caraguel dirige la Fédération des alpages de l’Isère et développe avec le LABORATOIRE le projet d’implantation d’un troupeau pérenne sur le campus universitaire réaffirmant la place des animalités dans les humanités, enfin le jardinier Gilles Clément propose des approches respectueuses et confiantes dans les initiatives spontanées de la nature. Les débats seront introduits par l’urbaniste Jennifer Buyck dont les travaux portent sur les liens entre villes, paysages et transitions urbaines.

TABLE RONDE PUBLIQUE 03 – ATMOSPHÈRES

vendredi 16 / 10H > 13H / Chapelle / musée Dauphinois (Entrée gratuite dans la limite des places disponibles. Réservation indispensable ci-dessous)

Le dépaysement est aussi un sujet politique et géopolitique. C’est sous l’angle des atteintes au paysage et aux saccages de nos milieux de vie que les artistes Douglas White et Anaïs Tondeur, la philosophe de l’art Catherine Grout, la géographe Anne-Laure Amilhat-Szary et l’anthropologue Marc Higgin nous invitent à débattre. Ils nous proposent de renouveler nos échelles et hauteurs d’observation, de resituer nos relations à l’horizon, notre manière d’être reliés au monde et à autrui, d’éprouver une co-présence vivante qui nous apporte la sensation d’un sol commun, dans son évidence et sa fragilité.

 

 

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LES CONVERSATIONS

vendredi 16 de 14H à 18H / Séchoir / musée Dauphinois Chaque heure, et durant une heure, les auteurs invités de la saison 4, artistes, chercheurs, porteurs de savoirs vernaculaires ouvrent un duo ou un trio en conversation :

  • 14H : Alexandra Engelfriet, Cino Viggiani, Joël Chevrier, Inge Linder-Gaillard
  • 15H : Jean-Pierre Brazs, Maarten van Eynde, Lucie Goujard
  • 16H : Nastassja Martin, Alain Faure, Daniel Bougnoux, Olivier Labussière
  • 17H : Rachel Gomme, Laure Brayer

 

INSTALLATIONS & PERFORMANCES :

Souvenirs de voyage  / Douglas White

du 15 octobre au 15 décembre 2020 / Parvis et espaces extérieurs du musée Dauphinois

Nous avions invité cet artiste anglais à s’installer durant plusieurs semaines dans un espace forestier pour mettre à jour les systèmes racinaires. Par soustraction minutieuse des couches d’humus, avec des outils et une méthodologie d’archéologue, Douglas révèle le réseau inextricable et les fragiles interactions, les complicités entre les différents arbres, arbustes, buissons, champignons qui tissent sous terre par des milliers de fils fongiques vivants, un tapis de câblages des mycorhizes reliant les arbres en gigantesques communautés.

Mais les contraintes sanitaires lui ont imposé une approche tout autre. Le mot dépaysement n’existant pas en langue anglaise, Douglas a collecté auprès des sociétés d’autoroute de la région des lambeaux de pneu abandonnés sur les bas-côtés qu’il tresse ensuite comme s’ils constituaient désormais, au même titre que les joncs, l’argile ou la pierre, la matière même du pays.

 

Portraits de ciel / Anaïs Tondeur

du 15 octobre au 10 novembre 2020 / Chœur des religieuses du musée Dauphinois

Un ballon sonde météo équipé d’un filtre à particules taquine chaque jour les nuages. Expédié dans l’atmosphère au voisinage du Mont-Aiguille, il collecte et documente les particules de carbone rencontrées. Ces particules sont ensuite extraites des fibres du filtre dans un bain d’ions afin d’être transformées en encre, puis celle-ci en tirages photographiques. Ainsi, le tirage de chaque photographie est réalisé à partir des particules de noir de carbone collectées le jour où l’image fut captée. Ici, le ciel n’est plus un élément sublime du paysage, détaché de nos vies, mais l’indice inquiétant d’une atmosphère précipitée dans une ère nouvelle.

Anaïs Tondeur
Fair Isle (Phare), 23 mai 2017, Niveau de PM2p5 dans l’air: 2,12 μg/m³, Tirage au noir de carbone

 

Le chant de l’aurore / Marie-Pascale Dube

PERFORMANCE VOCALE jeudi 15 à 10H, vendredi 16 à 12H / Chapelle ou Cloître du musée Dauphinois (Durée : 20 minutes)

Cette comédienne-performeuse s’exprime avec des sons formés depuis l’enfance, des sons qu’elle ne sait pas alors qualifier, des sons qui s’échappent de sa gorge en conservant la présence opiniâtre d’autres états et d’autres lieux du corps. Aspirations, râles, vibrations, halètements, souffles, rien dans ce chant ne ressemble à la voix étalonnée en Occident. Plus tard, Marie-Pascale Dubé saura que ces formes chantées ont déjà existées, dans les chants de gorge animistes nord-américain. Elle ira l’apprendre auprès d’une mentor Inuk, expérience qui changera non seulement sa vision de l’histoire de son pays natal, le Canada, mais bouleversera son histoire intime, sensible, son rapport à la nature et au cosmos. Son chant continue d’évoluer en elle, de la surprendre, de la dépasser et dessine sa propre ligne de temps.

 

Les chanteurs d’oiseaux / Jean Bouscault et Johnny Rasse

PERFORMANCE VOCALE jeudi 15 à 18H, vendredi 16 à 13H / Cloître ou chapelle ou verger du musée Dauphinois (Selon la météo. Durée : 60 minutes)

Ces faussaires nous invitent à traverser le paysage, l’oreille attentive au moindre virtuose caché dans les sous-bois. Merle, grive musicienne, sittelle torchepot, fauvette à tête noire, pouillot véloce, mésange, rouge gorge…, ils parviennent à reproduire à l’identique chaque concertiste, lui répondre en improvisant une conversation éblouissante, renouvelée au fil de la marche avec les différentes espèces présentes ce jour-là sur le site.

 

Avec les arbres / Rachel Gomme

PERFORMANCE DANSÉE samedi 17 à 16H / Rendez-vous à l’entrée du musée Dauphinois (Durée : 30 minutes)

Cette performeuse aborde le paysage urbain par les arbres. Elle imagine une ville qui serait une forêt peuplée d’humains plutôt qu’une métropole décorée d’arbres. Elle compose de vastes échanges d’intimité en invitant chacun à s’appuyer sur leur silence et leur immobilité pour élargir notre perception des paysages, en utilisant le souffle individuel pour converger en une seule respiration collective.

 

À petite dose, ose… / Marie Chéné et Sophie Vaude

PERFORMANCE POÉTIQUE vendredi 16 à 11H, samedi 17 à 11H et 14H / Chapelle ou Cloître du musée Dauphinois (Durée : 15 minutes)

Poète et plasticienne, Marie Chéné joue avec les syllabes et les sons. Elle s’attache aux mots et aux fragments de phrases « déjà-là » ou « déjà écrits » pour mieux en souligner les richesses. Durant l’automne 2016, elle a repéré divers lieux d’écho en Isère à l’invitation de paysage>paysages. Puis elle a écrit pour les parois afin que l’écho complète ses phrases : “Cherchez le mur” complété par l’écho donne “ Cherchez le murmure ”, “ À petite dose ” devient “ À petite dose, ose ” et, dans un lieu où l’écho est plus long, “ Jamais l’étonnement ” se transforme en “ Jamais l’étonnement ne ment ”. Les paysages sont ainsi faits de mots, de noms propres ou communs, de phrases qui tentent de dire nos émotions. En duo avec la comédienne Sophie Vaude, Marie Chéné nous invite ici à tester les qualités acoustiques des murs du cloître et de la chapelle.

 

À côté du réel / de Rachid Ouramdane, interprété par Lora Juodkaite    

PERFORMANCE DANSÉE samedi 17 à 12H et 15H / Cloître du musée Dauphinois

Danseuse de longue date au côté de Rachid Ouramdane, Lora Juodkaite est reconnue pour sa pratique vertigineuse et exceptionnelle de la giration. Elle pratique ce tournoiement depuis l’enfance, comme un rituel quotidien qui la transporte dans un état second. Ce mouvement intrigant et hypnotique plonge le spectateur dans un état particulier qui l’invite à redécouvrir et contempler le lieu sous un angle inconnu. De cette expérience troublante, jaillit une complicité, une intimité intense avec ce qui traverse cette femme.

 

Intensité des nuages / Philippe Mouillon    

DÉRIVE POETIQUE les 15, 16, 17 octobre / Cloître du musée Dauphinois

Contempler les nuages est une activité offerte à tous, et qui n’exige que de l’attention, de la sensibilité et de la patience. Pour s’y livrer, il vaut mieux attendre une météo capricieuse et incertaine. On peut jouer à plusieurs, en s’accoudant par équipe à chacun des puits jumeaux du cloître, puis en comparant à voix basse les figures extravagantes apparues dans chacun des reflets. On peut aussi jouer seul, en plongeant son regard afin de contempler le ciel gisant sous terre comme une promesse.

 

Fabularium / Hélène Michel   

PERFORMANCE POÉTIQUE les 15, 16, 17 octobre / Montée Chalemont et les extérieurs du musée Dauphinois

Ce dispositif invite le passant à écrire une lettre d’amour, de regret ou de rupture au paysage. Mais si c’est une rupture, est-ce alors un dépaysement ? Installés en plein air, ce bureau mobile et sa machine à écrire offre un moment protecteur au participant pour porter son attention sur un détail du paysage. Ces lettres qu’elles soient émouvantes, laconiques, drôles ou crues seront autant de signaux sensibles d’un paysage réinterprété.

 

Babel / Jord Galí et la compagnie Arrangement provisoire

PERFORMANCE DANSÉE samedi 17 à 17H  / Parvis du musée de Grenoble (Durée : 50 minutes)

BABEL c’est une tour de 12m de haut, une utopie assemblée puis manipulée par 25 personnes en direct sous l’œil des spectateurs. De son élévation à sa dépose, la tour se fait l’écho du groupe au sol, traduit la qualité des relations présentes. Une œuvre d’ensemble, puissante et fragile, intime et monumentale.

> Pour vous inscrire si vous souhaitez participer à cette création participative qui se déroule sur deux week-ends, au cours desquels les participants sont invités à partager un processus de création : contact@lepacifique-grenoble.com

 

 

Ça remue ! est une initiative de LABORATOIRE réalisée avec les soutiens de l’Idex Univ. Grenoble Alpes, le Département de l’Isère, la Fondation Carasso sous l’égide de la Fondation de France, en collaboration avec les laboratoires PACTE, LECA, CRESSON, LARHRA, MSH-Alpes, CNRS, la Fédération des Alpages de l’Isère, le Pacifique, le CCN2, local-contemporain, l’ESAD.

Le dépaysement

On se sent parfois dépaysé devant un paysage, sans pourtant cerner ce qui nous déconcerte, nous désoriente ou nous égare dans ce qui se tient face à nous, irréductible à nos expériences antérieures.

> Le dépaysement fut longtemps le privilège du voyageur, puis du touriste occidental. Si des figures vagabondes comme celle de Victor Segalen ou de Nicolas Bouvier furent véritablement poreuses, traversées par le monde, la quête d’exotisme masqua le plus souvent l’absence d’une véritable volonté d’expérience de l’altérité. Le timbre-poste, la carte postale et le dépliant d’agence de voyage en furent en quelque sorte les icones. Le paysage exotique n’est alors qu’une simple fiction, un décor illusoire débarrassé des lignes de forces radicales qui l’innervent en profondeur.

> Pourtant, la désorientation de celui qui demeure et travaille au pays mais constate combien celui-ci n’est plus familier, comme « dépaysé » lui aussi, vacant, noyé dans une uniformisation planétaire est une expérience dominante du monde contemporain. La déterritorialisation, forme inversée du dépaysement, désaccorde le lieu à ses soubassements, aux usages et complicités accumulés au fil du temps. Les lieux de l’industrie touristique, de l’industrie agricole, des hubs de transport et plateformes offshore occupent les pays comme une armée étrangère, dans l’amnésie des appartenances.

> On peut pourtant se dépayser profondément dans son voisinage proche, dans la solitude d’une longue traversée en forêt, devant la démesure de la haute montagne, ou plus simplement en se déconnectant des réseaux numériques et téléphoniques. Le paysage se métamorphose alors par la simple connivence aiguisée avec la poétique du lieu et des êtres vivants qui le peuplent.

Les propositions artistiques présentées durant cette quatrième saison de paysage>paysages explorent ces différentes facettes du dépaysement, au fil d’expériences de plein air, déclinées dans les parcs publics, les piscines, les lacs, les alpages, les refuges….

Voici quelques-unes des rencontres à venir…

  • L’artiste anglais Douglas White s’installera durant plusieurs semaines pour mettre à jour les systèmes racinaires de quelques arbres. Par soustraction minutieuse des couches d’humus, avec des outils et une méthodologie d’archéologue, Douglas révèle le réseau inextricable et les fragiles interactions, les complicités entre les différents arbres, arbustes, buissons, champignons qui composent ce sous-bois. Les observations scientifiques les plus récentes rejoignent ici les savoirs vernaculaires anciens des forestiers et l’intuition de l’artiste : chaque arbre repose sur un monde souterrain de collaborations infinies et d’alertes entre espèces différentes qui échappe à l’observation humaine et reste bien souvent négligé. Pourtant, tissés ensemble sous terre par des milliers de kilomètres de fils fongiques vivants, les arbres se nourrissent et se guérissent l’un l’autre. Le tapis de câblages des mycorhizes relie les arbres en gigantesques communautés intelligentes qui peuvent s’étendre sur des centaines d’hectares.

Enracinés de Douglas White, au musée Dauphinois / la ferme

  • Avec sa sculpture Pinpointing-progress, installée en majesté dans le parc du Domaine de Vizille, Maarten Vanden Eynde prend appui sur le célèbre conte des frères Grimm « les musiciens de Brême » dans lequel un âne, un chien, un chat et un coq décident de s’entraider pour survivre. Montant les uns sur les autres, ils obtiennent une silhouette animale monstrueuse et braillent à tue-tête pour effrayer leurs ennemis. Mais les animaux cèdent la place ici à nos outils de communication qui s’empilent les uns sur les autres au fil des vagues d’innovation technique, désirables quelques si brèves années, avant de se muer en déchets. Cet amoncèlement joyeux et cocasse nous invite à partir en vacances, ou à oser un pas de côté. Traversé de part en part par une épingle de 10 mètres de haut, comme un gigantesque insecte fixé au sol, cet assemblage incongru nous suggère les bienfaits du désordre et de l’irrévérence….

Pinpointing-progress de Maarten Vanden Eynde, parvis du chateau de Vizille

 

  • Jean-Pierre Brazs utilisera pour son installation intitulée Pourquoi ici ? les codes visuels de la signalétique routière…, mais alors que les panneaux devraient indiquer des interdictions, des dangers et des directions, ils signalent ici de nouveaux points remarquables à notre attention – les nuages, les truites farios ou la ligne d’horizon…. Dans un de ses « contes paysagers », Jean-Pierre Brazs a imaginé que les mots nécessaires pour désigner le paysage s’effaçaient des livres des bibliothèques rendant impossible l’émotion de la lecture et sans objet la contemplation du paysage. Le mot « Cime » avait disparu, tout comme « ravin », « vallée », « combe » et « pâturage ». Ce fut une catastrophe. Des pans entiers de textes littéraires, de carnets de voyage et de comptes rendus d’études se liquéfiaient en d’incompréhensibles et plates phraséologies. Mais au fil de la ViaRhôna, les mots et les signes sont là pour perturber provisoirement notre rapport au lieu.

Pourquoi-ici de Jean-Pierre Brazs / Isle de la Serre

 

  • La céramiste Alexandra Engelfriet lutte avec la matière durant de vastes corps à corps comme cette tranchée de 40 mètres ouverte à la pelle mécanique puis transformée en four pour cuire à 1300 degrés en continu durant 6 jours et 6 nuits une céramique de 30 tonnes, ou ce bain tellurique de matière crue dans lequel elle disparait, pour conjurer la vanité de l’existence humaine, sans autres outils qu’elle-même dans une forme de transe qui conservera son empreinte dans la matière, meurtrie et sensuelle, abandonnée sans retouche ni remord. Invitée à s’inscrire au fil de l’Isère sur le site du campus de Grenoble, elle explorera la mémoire géologique du site.

Alexandra Engelfriet à l’oeuvre durant la réalisation de “tranchée”

  • L’implantation par la Fédération des Alpages de l’Isère d’un troupeau de plusieurs centaines d’animaux sur le campus universitaire n’est pas destinée à tondre de l’herbe en remplaçant les tondeuses à gazon ! Cette initiative souhaite contribuer à redonner une assise sensible aux citoyens, enfants et adultes qui vivent dans la métropole grenobloise, en affirmant la nécessaire présence des animaux dans la cité, et de ceux qui les élèvent, comme une pédagogique nécessaire pour aborder le monde qui vient. Nous inviterons notamment le berger Laurent Four à transmettre à tous comment entrer en complicité et à dialoguer avec les animaux, ainsi que les frères Janin, qui sont architectes, éleveurs, paysagistes et utilisent le bétail comme un vecteur performant d’aménagement paysagé, à partager comment mieux prendre en considération, dans le sens le plus puissant du terme, la nature environnante pour penser le lieu.

 

Dialogue avec un troupeau, conduit par le berger Laurent Four

 

Découvrir un article sur art catalyse de l’été 2020

 

 

Animalités / humanités / savoirs vernaculaires

Alors que nous sommes témoins de l’effondrement des populations animales, il nous semble urgent de documenter et symboliser l’apport des animalités dans l’humanisation de l’humanité.

Par observation et par imitation, l’humanité a accédé à une intensité animale des sensations qui complète les nôtres. Les peintures des grottes de Lascaux ou de Chauvet témoignent des lointains de cette complicité dynamique. Sauvages ou domestiqués, les animaux ont élargi la conscience et les perceptions de l’humanité et ce serait une régression épouvantable d’accepter le partage du monde entre l’industrialisation des animaux « utiles » et un désert écosystémique généralisé.

Pour gagner en qualité de vie, il nous faut recomposer les sociétés humaines afin de faciliter le séjour, l’épanouissement et le déplacement des animalités, c’est-à-dire d’assembler avec soin des enchevêtrements de spatialités et de temporalités qui ne se plient pas aux intérêts et aux projets humains. Il ne s’agit pas de préserver des enclaves, des zoos ou des banques génétiques, mais de réinventer une société accueillante pour ce réservoir de vivacités qui nous échappent, condition nécessaire d’une humanité vivace et prometteuse.

Car les animaux participent à la stabilité des sociétés humaines par leurs travaux, leur affection, l’irréductibilité de leurs comportements. Ils forment l’humus nécessaire à l’humanisation de l’humanité.

Notre initiative, dont la forme est encore confidentielle, associera de nombreux auteurs, en croisant les approches de praticiens de l’élevage, de bergers, de dresseurs, d’artistes et de chercheurs afin de construire des symbolisations partageables publiquement avec le plus grand nombre.

paysage animal

Il n’y a pas de nature vierge. Il n’y a que des territoires où les vivants sont profondément inscrits et qu’ils ont composé jour après jour, les transformant par leur simple présence, par leur respiration, par leur capacité à inventer des usages inouïs – grignotant les sols, tissant les courants d’air, flirtant avec l’eau et le soleil dans d’invraisemblables alchimies. Chaque paysage cristallise ce foisonnement de relations, d’initiatives, de tactiques et de trucages, ce tohu-bohu de trajectoires enchevêtrées, indifférentes aux intérêts et aux projets humains, mais où l’humain lentement s’est imposé.

C’est sous l’angle de cette construction imbriquée du paysage par les humains et les animaux que nous aborderons la saison 03 de paysage>paysages du 20 mars au 20 juin 2019. Voici quelques-uns des temps forts du programme :

Entre chien et loup > Antoine le Menestrel > “Cathédrale” de Voiron > 23 mars 2019 à 19h
En ouverture de paysage-paysages

S’appuyant sur un monument essentiel de la ville, l’église Saint Bruno située au cœur de la cité, Antoine le Menestrel entreprend à mains nues et durant 40 minutes l’ascension verticale de la façade jusqu’à tutoyer le ciel à 67 mètres du sol, comme si la pesanteur ne le concernait pas. Le dialogue est fragile, délicat, magnétique entre cette démesure de l’édifice et ce corps, l’arrogance de ce petit animal humain, de cet oiseau fait homme, lézardant jusqu’à la rosace centrale, papillonnant autour de l’horloge, avant de se couler la tête à l’envers entre les ogives et les corniches. Virtuose des verticalités, Antoine le Menestrel effleure la pierre, la caresse d’un doigt avant de la prendre à bras le corps et de s’élancer à la rencontre des gargouilles, de s’élever sans efforts apparents jusqu’au sommet des clochers.

“Entre chien et loup”
Antoine le Menestrel
Ouverture de paysage-paysages
Eglise Saint Bruno de Voiron
> 23 mars 2019 à 19h

La vigie > Abraham Poincheval > Parc du domaine de Vizille > Dispositif visible àpartir du jeudi 2 mai, puis performance 24h/24 du jeudi 6 au mercredi 12 juin 2019

Durant une semaine, 24 heures sur 24, Abraham Poincheval habite une sculpture. Niché au sommet d’un mât, comme le ferait un singe ou un épervier, il veille et contemple la cité des hommes : « Installé sur une plateforme d’un mètre quatre-vingt-dix de long sur un mètre de large, je séjourne une semaine en totale autonomie. À ce radeau des cimes, je suis attaché par une ligne de vie ainsi que tout le matériel embarqué à bord : un sac waterproof, une trousse de premiers secours, les repas pour une semaine, deux jerricans de neuf litres, un rouge et un blanc, un bidon étanche, des sacs poubelle, un réchaud à gaz, du matériel de cuisine, deux briquets, du papier toilette, des vêtements de rechange, un sac de couchage haute montagne, un sursac de couchage de protection contre la pluie, une cape de pluie, un tapis de couchage, une lampe frontale, un harnais d’escalade, une dizaine de mousquetons, une corde de treize mètres». Par ce geste spectaculaire Abraham Poincheval interroge notre animalité et la frontière si instable entre les espèces. Mais cette installation s’ancre aussi dans un imaginaire très ancien, notamment celui de Syméon le Vieux (392-459), moine de Syrie, surnommé le Stylite pour avoir choisi de vivre sa vie d’ermite en haut d’une colonne (stylos, en grec), où il passa le reste de ses jours sans jamais en redescendre, en l’absence de toute protection du soleil ou des intempéries. Les fidèles lui rendaient visite de son vivant, la nourriture lui étant donnée dans un panier tiré par une corde. Par la suite, un vaste complexe de pèlerinage au nord-ouest d’Alep, appelé Qalaat Siman, fut bâti autour de sa colonne. D’autres saints vécurent comme lui en haut d’une colonne ou au faîte d’un arbre. Ces gestes extrêmes expriment paradoxalement l’élévation de l’âme par la lecture, la prière et l’humilité, et combien l’ascèse relève d’un combat quotidien.

“La vigie”
Abraham Poincheval
Parc du domaine de Vizille
2 > 8 mai 2019

 

Les sentinelles > Victoria Klotz > Parc du Domaine de Vizille > 20 mars > 23 septembre 2019

Implantée en majesté dans la parc du Domaine à mi-chemin entre la nature domestiquée du jardin à la française et le parc animalier, « Les sentinelles » est une installation monumentale composée de dix animaux qui nous surplombent depuis de longs mats fichés au sol. À la fois proches et inaccessibles, ces animaux nous observent bien autant que nous les observons. Les espèces animales choisies : un loup, un chamois, un hibou des neiges, une marmotte, un sanglier, mais aussi un zèbre ou une antilope, ont une présence fascinante et spectaculaire, joyeuse, sensuelle et grave. « Les sentinelles » évoquent ainsi une sorte d’animal élémentaire comme le faisaient les totems des tribus amérindiennes, c’est-à-dire une animalité fondatrice, médiatrice, ambassadrice des lointains du vivant, d’origines immémoriales, mais une animalité dont l’avenir semble aujourd’hui pourtant si incertain qu’elle doit revenir au centre de nos préoccupations et de notre ordre social.

“Les sentinelles” (détail)
Victoria Klotz
Parc du Domaine de Vizille
20 mars > 21 juin 2019

 

Dialogue avec un troupeau > Fédération des alpages de l’Isère > Parc du Domaine de Vizille > 3 mai > 6 mai 2019

Comment approcher un troupeau sans faire peur et sans se mettre en danger ? Comment les animaux voient, sentent, éprouvent le monde ? Comment entrer en contact et communiquer avec les animaux ? Les ateliers de « Dialogue avec un troupeau » offrent une occasion inédite de vivre une expérience inoubliable au plus près des animaux d’alpage. Vous ne regarderez plus jamais un troupeau avec les mêmes yeux.

Dialogue avec un troupeau / Fédération des alpages de l’Isère
Expérimentation ouverte au public les 3, 4, 5 et 6 mai à 10H
(Durée : environ 2H)

 

Mémoire d’eau > Cyrille André > Parc du Domaine de Vizille : 2 mai > 23 septembre 2019

Une baleine blanche nageant dans les airs entre les fûts des arbres du Domaine de Vizille nous invite à larguer nous aussi les amarres et à nous abandonner à la rêverie. Des baleines ont-elles ainsi traversé Vizille à l’époque ou la Téthys, l’océan primitif, recouvrait l’ensemble de l’Europe ? A-t-elle échappé à l’Arche de Noé ou nage-t-elle ainsi après une élévation catastrophique du niveau des océans causée par un réchauffement climatique extrême ?

Mémoire d’eau
Cyrille André
Parc du Domaine de Vizille
Du 2 mai au 23 septembre 2019

 

Bien commun > Victoria Klotz > Parc du Domaine de Vizille : 2 mai > 23 septembre 2019

Si le bien commun est une notion morale qui désigne l’idée d’un patrimoine partagé entre tous les membres d’une communauté, il convient de s’interroger sur la possibilité d’intégrer à cette communauté les animaux. On pourrait considérer que les animaux domestiques sont « partie du peuple » et qu’ils ont une place indiscutable dans l’usage des communs. C’est pourquoi l’artiste installe ici des nichoirs à oiseaux destinés au cannes Colvert qui vivent dans ce site de Vizille, propriété collective, lié à l’histoire de la Révolution française et à cette perspective du bien commun partagé.

Bien commun
> Victoria Klotz
> Parc du Domaine de Vizille : 2 mai > 23 septembre 2019

 

Maibaum > Jordi Galí – Cie Arrangement Provisoire > Parc du Domaine de Vizille >Samedi 4 mai à 14h et dimanche 5 mai à 11h 

Maibaum est un volume monumental, constitué de 8000m de cordage minutieusement tissés minutieusement tissé par cinq interprètes, dont la forme nous apparaît à la fin de la performance, dévoilant à rebours le sens et la nécessité de chaque geste produit. Au cours des deux heures et demi de son élaboration, le spectateur sera libre d’aller et venir à son gré pour assister et faire l’expérience de cet espace en train de se créer. (en coproduction avec le PACIFIQUE – centre de développement chorégraphique national)

Maibaum  Jordi Galí – Cie Arrangement Provisoire
Photo@jeanpellaprat

 

Ça Remue ! > Parc du domaine de Vizille > 2 > 8 mai 2019 > avec le soutien de l’IDEX Université-Grenoble-Alpes > en collaboration avec les laboratoires PACTE, LECA, CRESSON, LARHRA, la Maison des Sciences de l’Homme, la Fédération des Alpages de l’Isère et le PACIFIQUE

: Plus d’information > le programme de Ça remue à Vizille

Chaque paysage est l’héritier d’équilibres précaires, l’indice de dynamiques luxuriantes et instables entre atmosphère / sols / végétaux / animaux / humains. En ce sens, il est toujours l’indice d’un état des relations. Observer attentivement un paysage permet de décrypter les logiques relationnelles passées et présentes, et nous aide à discerner les composants toxiques de son état à venir. L’état des lieux semble alarmant mais nous héritons d’innovations immémoriales qu’il nous faut réinvestir : ainsi du territoire relationnel impliquant abeilles, fleurs et apiculteur, ou des transhumances accordant alpage + berger + moutons + chiens + loups.

Sur ce terreau prometteur, des artistes, des chercheurs et des praticiens des animaux se réunissent à Vizille du jeudi 2 au samedi 4 mai afin de croiser leurs approches et fonder des relations nouvelles entre espèces vivantes, de nouveaux comportements, de nouvelles directions évolutives qui préservent, renouvellent et amplifient la qualité des écosystèmes. Chaque jour, des performances et des expérimentations en plein air permettront de jouer, de tester et d’approfondir nos relations animales. Ces expériences associant des animaux et des installations artistiques seront prolongées au-delà jusqu’au 8 mai.

Ça Rumine ! > Campus universitaire de Gières / Saint Martin d’Hères > Journée de rencontre-débat à Sciences-Po le 16 avril 2019 autour du projet d’une implantation pastorale pérenne sur le campus > avec le soutien de l’IDEX Université-Grenoble-Alpes > en collaboration avec les laboratoires PACTE, LECA, CRESSON, LARHRA, la Maison des Sciences de l’Homme, la Fédération des Alpages de l’Isère 

: Plus d’informations > le programme de Ça remue sur le campus de Grenoble

Il s’agit ici d’un travail exploratoire rassemblant des éleveurs et alpagistes professionnels, des scientifiques et des artistes. Nos premiers invités sont : Bruno Caraguel, directeur de la FAI, ingénieur pastoraliste et sociologue, Laurent Four, sociologue du développement et berger, Guillaume Lebaudy, ethnologue des cultures pastorales et des transhumances, Jean-Marie Davoine, berger spécialiste de domestication des animaux d’élevage, François Pompanon, directeur du laboratoire LECA, spécialiste de la domestication et génomique des ruminants, Jean Estebanez, géographe spécialiste des dispositifs de mise en scène des jardins zoologiques et du travail animal (…) Cette liste sera complétée notamment avec des usagers du campus – enseignants, étudiants, agents et des porteurs d’expériences dans d’autres campus en France ou à l’étranger.

Dispositif de mise en scène des jardins zoologiques et du travail animal (Image Maryvonne Arnaud)

 

Ça Remue ! > Campus universitaire de Gières / Saint Martin d’Hères > Chaque mois, la Maison des sciences de l’Homme accueillera durant une heure un auteur parlant d’un animal et de son lien spécifique au territoire, afin d’amplifier la prise de conscience de l’importance des animaux dans la fabrication des paysages. Des chercheurs, des auteurs, des artistes invités à l’occasion de la saison 3 de paysage>paysages > avec le soutien de l’IDEX Université-Grenoble-Alpes > en collaboration avec les laboratoires PACTE, LECA, CRESSON, LARHRA, la Maison des Sciences de l’Homme, la Fédération des Alpages de l’Isère :

  • Ça Butine !  mardi 5 mars de 12h15 à 13h30 autour des insectes pollinisateurs > avec Emmanuelle Porcher, professeure au MNHN et chercheure au CESCO (Centre d’Écologie et de Sciences de la Conservation, Paris) spécialiste de la biodiversité et de la pollinisation 
  • Ça Grimpe !  mardi 12 mars de 12h15 à 13h30 autour des chamois > avec Anne Loison, directrice de recherche CNRS, qui développe le programme des activités du Laboratoire d’Écologie Alpine (LECA) autour de la question des relations dynamiques plantes-herbivores dans le milieu de montagne 
  • Ça Flaire !  mardi 2 avril de 12h15 à 13h30 autour des relations chiens / loups / humains / territoires > avec Nicolas Lescureux, ethno-écologue, chargé de recherche du CNRS au Centre d’Écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE) 
  • Ça questionne : les animaux dans le paysage de la Renaissance ? > avec Nadeije Laneyrie-Dagen, historienne d’art, à propos de la fonction et la symbolique de la représentation de l’animal dans la peinture animalière. > Musée Hébert, chemin Hébert, 38700 la tronche, le Jeudi 11 avril 2019, 18h 30
  • > Affleurer le paysage; une exposition d’Olivier de Sépibus (en résidence au laboratoire LECA) Arboretum du Domaine universitaire / du 5 avril au 21 juin 2019 + Performance art > science in situ autour de l’exposition le jeudi 20 juin de 17h à 18h30. 

Olivier de Sepibus
Affleurer le paysage
Arboretum du Domaine universitaire de Grenoble
5 avril > 21 juin 2019

 

  • Va, Toto ! > projection du film de Pierre Creton et débat avec l’auteur animé par Robert Bonamy, maître de conférences en études cinématographiques à l’Université Grenoble Alpes. > Cinéma Mon Ciné, 10 avenue Ambroise Croizat, Saint Martin d’Hères, le Jeudi 2 mai 2019 à 20h30

Image extraite du film Secteur 545 de Pierre Creton

 

Cabanes à oiseaux d’architectes > Maison de l’Architecture de l’Isère > 21 mars >21 juin 2019 / en partenariat avec l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, la Ligue de Protection des Oiseaux, le Rectorat

En association avec la Maison de l’Architecture, nous proposerons aux étudiants de l’ENSAG, mais aussi aux architectes professionnels et à tous les inspirés, de concevoir et de réaliser une cabane à oiseaux. L’ensemble des cabanes sera ensuite exposée à la M.d’A durant les 3 mois de paysage>paysages. Chaque construction devra offrir un refuge confortable aux oiseaux, adapté à son mode de vie, chaque espèce recherchant des spatialités différentes pour des usages singuliers. À travers ce concours, c’est l’attention à la place des animaux dans la cité et à leur préservation qui est ici mobilisée. Simples cabanes poétiques ou extravagantes, maisons en miniatures ou palais des mille et une nuits, les œuvres issues de cet appel à participation s’assembleront en un ensemble accueillant l’infini des diversités animales. 

> Appel à projet de micro-architectures

> Télécharger l’affiche

> Le règlement du concours

> Les lauréats du concours

 

Alban de Chateauvieux > Perdus  > Le VOG, centre d’art de Fontaine > 7 mars au 4 mai 2019

Le 12 janvier 2007, Alban de Chateauvieux s’arrête en pleine rue devant une petite affichette portant ces quelques mots tracées à la craie bleue « PERDU PIGEON BLANC », suivies d’un numéro de téléphone auquel il manque un chiffre. Ce petit papier suspendu à son unique morceau de scotch, fut une révélation pour Alban qui, depuis, collecte au fil de ses voyages des affichettes d’animaux perdus. Cette exposition honore des animaux disparus dont la vie singulière a compté et dont l’absence en révèle l’importance affective. Ils sont tous clairement individualisés et porteurs de qualités singulières, l’un beau, affectueux ou tendre, l’autre complice, fiable, drôle ou fidèle. Chaque message de détresse témoigne de cette complicité établie et du lien relationnel intense construit jour après jour entre un être humain et un être animal, d’une forme d’harmonie rompue. Car le compagnonnage familier avec les animaux traduit une nécessité relationnelle qui déborde le cadre des échanges sociaux pour exprimer d’autres émotions, d’autres échelles de nous-même, difficilement exprimables entre humains. Les parts animales de soi-même, peut-être, ou encore des fragments profondément enfouis et inaccessibles sans l’aide de ces animaux complices qui intercèdent avec d’autres mondes ou les traduisent, en glissant sans crainte du vertige sur le rebord d’une fenêtre pour se fondre dans la nuit ou en humant attentivement un souffle d’air chargé d’énigmes.

> Alban de Chateauvieux
> Collection des animaux perdus
> 7 mars au 4 mai 2019
> Le VOG, centre d’art de Fontaine

 

François Génot > Charcoal > Jules Vallès, Galerie d’art de Saint Martin d’Hères > avril à mai 2019

François Génot est attentif à une certaine sauvagerie qui demeure ou réapparaît dans les lieux en friche, les espaces négligés de notre environnement urbain. L’émergence spontanée et irréductible du vivant, le désordre des formes et la dynamique végétale et animal sont au cœur de son travail. Il cueille, lors de ses repérages sur les sites proches du lieu d’exposition, des brassées de branches qu’il transforme en charbon de bois puis dessine avec les fusains obtenus directement sur mur. Le mouvement de sa main génère des formes d’apparences aussi décousues, négligées, insouciantes que celui des jeunes pousses au printemps, c’est-à-dire des formes floues, ouvertes, déconcertantes qui se projettent et explorent toutes les possibilités offertes pour survivre. Et notre œil de spectateur est invité à entrer dans l’épaisseur et la complexité du dessin pour fouiller l’énigmatique présence du vivant.

> François Génot
> Charcoal
> avril à mai 2019
> Jules Vallès, Galerie d’art de Saint Martin d’Hères

 

paysage en mouvements

La programmation de la saison 02 de paysage>paysages est conçue avec une attention soutenue à l’enchevêtrement des mouvements qui trament les paysages et tendent le cours du monde. Elle s’intitule “paysage en mouvements” car les paysages fixes, stables, arrêtés n’existent pas. Le sédentaire et le définitif ne sont que des illusions d’optique ou de perception. Tout dans le paysage remue, tangue, chaloupe, bouscule, migre et se déplace….

Les paysages sont parcourus de vastes mouvements imperceptibles – la dérive des étoiles, la fonte des glaciers ou la migration silencieuse des plantes et des forêts testant sans cesse les sols, les vents dominants et les expositions. Les paysages sont aussi témoins des migrations et transhumances qui caractérisent l’ensemble du règne animal, de l’hirondelle à l’anguille, une formidable pulsion qui déplace le vivant à la surface du globe sans boussoles ou système de géolocalisation embarqué. Chacun de ces étonnants voyageurs emporte au long cours des fientes gorgées de graines, des bactéries exogènes et des mélopées renouvelées qui refondent les écosystèmes et nos imaginaires. Les dynamiques du paysage sont encore constituées d’accélérations inattendues : avalanche, tonnerre ou tempête. Le paysage reprend alors toute sa place, une sauvagerie abrupte qui nous déborde et s’impose au-delà du temps de l’espèce humaine.

Mais les paysages sont surtout reconfigurés par les activités et les circulations humaines. Notre expérience quotidienne du paysage ne consiste que rarement à le contempler assis sur un banc, mais plus fréquemment à le traverser distraitement assis à 130 km/h. Aussi, à contrario de l’itinéraire trop bien tracé de la route principale nous projetant au plus vite vers une destination déterminée, cette saison 02 de paysage>paysage vous propose de cheminer disponible au hasard et à l’inattendu, attentif à toutes les rencontres, de déguster le temps qui passe, le temps qui change, d’oublier les certitudes ou les inquiétudes pour laisser la part belle à l’échappée.

En voici les principaux temps forts :

 

> Le paysage fait son cinéma,

  • Un film de films conçu par Agnès Bruckert accompagné d’un concert instantané en direct avec Actuel Remix (Xavier Garcia et Guy Villerd) 
  • Esplanade de la caserne de Bonne à Grenoble, le 21 décembre de 17 h à 21h
  • (Reprise durant le cycle Ça remue à l’auditorium du musée de Grenoble les 2, 3 et 4 mars 2018 de 10 à 18H, sans interruption)

en savoir plus : https://youtu.be/V4j-D6xYr_Y

En circulant grâce au doigté d’Agnès Bruckert parmi les cinéastes les plus virtuoses du cinéma mondial, nous découvrons combien chaque film enchevêtre intimement en un espace commun les personnages au premier plan et le fond où semble s’ancrer le récit. De plan large en faux raccords, les paysages façonnent nos perceptions, préparent et anticipent l’action, la débordent parfois pour envahir l’écran, rompre avec le fil de la narration, avaler les personnages et nous désorienter.

Bas quartiers sordides ou somptueux panoramiques, de nombreux paysages ont laissé en nous une empreinte qui structure profondément notre sensibilité et notre identité. C’est cette identification paradoxale à une fiction totalement mouvante qu’amplifie le duo de l’ARFI « Actuel Remix » en accompagnant le flux d’images, le ponctuant de paysages sonores instantanés.

 

> Atlas des déplacements,

  • Une exposition conçue par Guillaume Monsaingeon avec les œuvres de Cécile Beau, Christo, Nicolas Consuegra, Fernand Deligny, Caroline Duchatelet, Cédrick Eymenier, Ymane Fakhir, Christoph Fink, Eléonor Gilbert, Chris Kenny, Lucien Le Saint, Francis Limérat, Hans Op de Beeck, Quadrature (Juliane Götz + Sébastian Neitsch), Claire Renier.
  • Musée Hébert du 21 décembre au 21 mars 2018

Cette exposition assemble nos perceptions et nos outils de figuration du territoire. Les œuvres réunies dans l’Atlas des mouvements enregistrent le paysage avec des échelles situées entre 0 et 30 000 km/h, les mouvements lents, presque immobiles, imperceptibles du géologique ou du climatique, nos mouvements sociaux saccadés, nos errances et nos incertitudes, nos mouvements réguliers ou habituels, les déplacements des êtres animés et la mécanique de machines devenues essentielles à la maîtrise de nos propres mouvements et à la connaissance des territoires.

  • Quadrature (Juliane Götz et Sebastian Neitsch). Satelliten trace en temps réel la trajectoire des satellites passant à la verticale du musée Hébert. Au cours de sa visite, le visiteur d’Atlas des déplacements pourra ainsi voir plusieurs fois le dispositif numérique s’animer pour révéler un paysage agité par la course des satellites. Le carré de 10 centimètres de côté (300 kilomètres) noircira progressivement la carte hypsométrique (des altitudes) d’un atlas Quillet au fil des trois mois d’exposition.

 

  • Caroline Duchatelet : Mercredi 4 novembre (2009). Durant 9 minutes, Caroline filme un paysage de montagne en hiver, où les nuages et la lumière recomposent et effacent l’apparente stabilité de la masse rocheuse. Ce paysage saisi un 4 novembre est à la fois éternel et instantané, présent et absent, déjà là depuis un million d’années et pourtant disparu en quelques secondes.

 

  • Cécile Beau (France, 1978). Chaque pierre constituant la série Particules est présentée sous une double forme : le minéral intact disposé au mur, et la pierre réduite en sable alimentant un sablier dont la taille correspond à son échelle de temps géologique. L’installation exprime les temporalités imperceptibles des minéraux, qui oeuvrent discrètement sous le paysage visible.

 

  • Nicolás Consuegra (Colombie, 1976). Tourné sur des sites différents à Honda, en Colombie, au bord du fleuve Magdalena, L’eau que vous touchez est la fin de ce qui est passé et le début de ce qui arrive (2013) donne à voir la continuité d’un fleuve qui coule sans fin et sans raccord. L’immobilité du mouvement s’exprime dans le calme d’une boucle infinie.

 

  • Francis Limérat (1946, Alger) Le poète Kenneth White, grande figure du cheminement, écrit à propos de cette série des « claires-voies » : L’art de Limérat est un tâtonnement inquiet qui, petit à petit, lentement, trouve des coordonnées satisfaisantes ; c’est un enchevêtrement complexe dans lequel, grâce à une écriture erratique, mais sensible, subtile, on finit par voir clair, par se fixer des repères. Comme avec les « cartes en bâtonnet » des Iles Marshall, avec lesquels les pilotes de pirogues retrouvent dans les eaux du Pacifique la meilleure trajectoire d’une île à l’autre en fonction de l’orientation de la crête des vagues, notre regard ici chemine en équilibre sur le fil de l’imperceptible.

 

  • Fernand Deligny (France, 1913-1996) n’est pas à proprement parler « auteur » des présents dessins. Fondateur en 1968 d’un réseau de prise en charge d’enfants autistes dans les Cévennes, il y a inventé des pratiques cartographiques collectives qui ont fasciné Deleuze et Guattari et irrigué d’innombrables pratiques artistiques. Ces cartes ne servent ni à comprendre ni à interpréter les comportements des enfants, mais à conserver la trace de ces lignes et détours souvent effectués sans but. Remède à l’impossibilité de dire ou au refus de nommer, ces dessins constituent une sorte d’atlas des mouvements imprévisibles et des modes d’être singuliers : « nous vivons dans le temps, écrivait Deligny. Ils vivent dans l’espace, voient ce qui ne nous regarde pas ».

 

  • Éléonore Gilbert (France). “Espace” est un film de 14 minutes (2014) où, à l’aide d’un croquis, une petite fille très drôle explique, dessin à l’appui, comment l’espace et les jeux se répartissent lors de la récréation, en particulier entre les garçons et les filles, et en quoi cela lui pose un problème au quotidien. Malgré ses différentes tentatives pour régler ce problème, elle ne trouve pas de solutions, ceci d’autant plus qu’il passe inaperçu pour les autres, enfants comme adultes, qui ne semblent pas être concernés. On découvre alors les subtilités d’une géopolitique de l’espace public à l’échelle d’une cour d’école.

 

  • Hans Op De Beeck (Belgique, 1969) aborde dans Staging Silence le paysage avec humour, produisant des images de paysages comme autant d’archétypes suspendus dans nos mémoires. Derrière une mise en scène implacable et clinique, il assemble des objets éclectiques et dérisoires – du sucre en poudre ou des bulles de savon, pour recréer des images flottantes, des lieux incertains, mélancoliques et poétiques situés entre le décor de films oubliés et l’iconographie du restaurant asiatique du coin de la rue.

Lire aussi : “Art catalyse”

Lire aussi : “mythologies du paysage”

> Graphies du déplacement

  • Une exposition de Mathias Poisson
  • Le VOG -centre d’art de Fontaine, du 7 décembre au 31 mars 2018.

Les cartes subjectives de Mathias Poisson sont des réductions du paysage par décoction. Il note ses promenades à vif sur ses carnets, attentif au moindre événement mais en cultivant une absence délibérée de hiérarchies entre les informations qu’il consigne. Puis il distille et infuse les objets et les plantes rencontrées afin d’en extraire les encres de ses dessins. Il compose alors une carte sensible, sorte de condensé du lieu qui invite à lui emboîter le pas. Il présente ici une suite de traversées du paysage à travers des villes aussi différentes que Marseille, Tokyo, Naples, Alger ou Istanbul, puis lors d’une seconde exposition il nous fera découvrir les travaux originaux réalisés durant 5 séjours en Isère.  

Lire aussi : “paysages de traverse”

> Montagne défaite

  • Une exposition de Olivier de Sepibus
  • Jardin du Musée de l’Ancien Évêché de Grenoble, du 21 décembre au 21 mars 2018

Olivier de Sépibus arpente les Alpes pour saisir les mouvements intérieurs des glaciers et des roches, les failles, les brèches, les fractures, les lentes dislocations, les ruptures vives et les éboulements. La masse d’apparence éternelle apparaît ici étrangement fragile et tourmentée, et sa présence solide semble appartenir à une étape provisoire de l’histoire terrestre.Ses photographies actualisent notre imaginaire de la haute montagne en fixant frontalement l’état actuel de massifs alpins qui se défont lentement en désert de pierre, entraînant avec eux les rêves de conquête et d’héroïsme d’un homme “maître et possesseur de la nature“. Car, si nos représentations sont défaillantes, elles peuplent toujours les présentoirs à cartes postales.

 Lire aussi : “Les images (im)mobiles d’Olivier de Sepibus”

> Paysages amplifiés

  • Une expérience conçue par le compositeur Henry Torgue à l’initiative du CAUE de l’Isère
  • Vendredi 12 janvier 2018 : parcours en car de 14 h à 16 h. Accueil à 13 h 45 à la Maison du Territoire de la Porte des Alpes – 18 avenue Frédéric Dard à Bourgoin-Jallieu.
  • Vendredi 2 février 2018 : parcours en car de 14 h à 16 h. Accueil à 13 h 45 à INSPIRA à Salaise sur Sanne.
  • Samedi 3 février 2018, parcours en car de 10 h à 12 h. Accueil à 9 h 45 au CAUE de l’Isère – 22 rue Hébert à Grenoble. Au retour, collation (sur inscription) en transition avec la table ronde de l’après-midi.

 

Ces paysages sur écoute prennent la forme d’un parcours en autocar…. Pour les passagers, derrière les vitres du bus, défilent les images passives d’un trajet habituel. Mais dans les haut-parleurs, tout un monde de sons vient raconter d’autres histoires, transformer le paysage quotidien en décor, bouleverser l’imagination.

Ce décalage entre l’écoute et le regard permet de renouveler les lectures et les perceptions de nos paysages familiers. En augmentant légèrement l’intensité des sons ambiants ou en faisant écouter d’autres situations sonores enregistrées dans le même espace, la scène devient « parlante », prend un relief inattendu qui révèle les relations complexes entre la vue et l’ouïe et, d’autre part, entre le réel et l’imaginaire. Car l’écoute amplifiée se rapproche d’une bande-son de film, donnant accès au potentiel symbolique des lieux, porteurs de fictions, de mémoires et de rêves.

Les trois parcours en bus de « paysages sur écoute » sont accompagnés par le chercheur et compositeur Henry Torgue et les paysagistes du Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement de l’Isère.

 

> ARRÊTS SUR Image

  • Une expérience conçue par la compagnie de rue Delices DADA, proposée successivement dans 4 sites du département : Bourg d’Oisans, le Vercors, l’Isle d’Abeau et le territoire de Vienne, avec chaque fois 4 départs de bus par jour.

Durant 120 minutes vous êtes invité à visiter avec la compagnie Delices DADA les hauts lieux ordinaires de votre vie quotidienne. Confortablement assis en autobus vous laissez glisser le travelling du panorama au travers des vitres.

Mais quatre arrêts dans des paysages choisis méticuleusement par la compagnie bouleversent votre perception. Ces arrêts sur image proposent de prendre le paysage à rebrousse-poil, de l’interpréter de manière totalement inconnue, déjantée et poétique mais si stimulante que dès le retour de l’autocar au point de départ, on se découvre l’envie de repartir pour une nouvelle boucle à déguster …. En voici quelques cartes postales visuelles :

et 2 paysages à deviner en écoutant ces ponctuations sonores :

 

Mode d’emploi :
> 4 départs de bus par jour à 10H, 11H, 13H et 14H (Durée du circuit > environ 120 minutes)

  • le 20 Janvier 2018> départs des bus du Bourg d’Oisans / Foyer municipal du Bourg d’Oisans
  • le 27 janvier 2018> départs des bus de Lans en Vercors / Le Cairn / 180 Rue des Écoles
  • le 10 février 2018> départs des bus de Villefontaine / Parking du théâtre du Vellein / 118 Avenue du Drieve
  • le 10 mars 2018> départs des bus de Vienne / Collège Ponsard / 1 Place André Rivoire

> Lieux-dits, un précipité de vies

  • Une exposition conçue par Philippe Mouillon avec la collaboration de Jeanine Médélice
  • Musée de Grenoble, du 8 février au 11 mars 2018

 

Les quelques centaines de mots déposés au sol de l’allée centrale du musée de Grenoble sont un condensé des milliers de noms de lieux-dits qui titrent – ou plutôt sous-titrent, avec soin le paysage.Ces fragments sont tenaces – certains mots plongent leurs racines dans un temps antérieur à l’occupation romaine, et ont été si souvent mastiqués et prononcés par des bouches nouvelles que leurs sens aujourd’hui affleurent mais ne cessent de se troubler et de nous échapper : Vipéreuse, Miséroud, Mal-Pourchie, Les Écondues, Les Écorrées, Les Embouffus… car le mot est là, sans y être. Il appartient à une langue, fantôme de la nôtre.

lieux-dits, un précipité

 

> Feu l’hiver !

  • Installation de la compagnie Carabosse
  • Jardin de ville et alentours,
  • Soirée de clôture > 16 mars 2018, de 19 à 22h

 

Télécharger ces affiches d’expositions en cliquant sur l’image  

 

 

Paysage > paysages

paysage>paysages est un événement original d’un type nouveau, présenté sur les 7 431 kilomètres carrés du département de l’Isère durant les 3 mois de l’automne 2016.

Il est porté par le Département de l’Isère, sur une proposition artistique de Laboratoire.

paysage>paysages est un programme associant une multiplicité d’acteurs provenant de la culture, du patrimoine, de la nature, de l’aménagement du territoire, de l’éducation, de la recherche, de l’enseignement supérieur, de la mobilité, du tourisme, ….

En s’appuyant sur les qualités évidentes des paysages de l’Isère, notre objectif est de développer et partager un nouvel imaginaire territorial. Car à l’heure d’une mondialisation amplifiant les standardisations techniques et l’uniformisation des modes de vie, des spécificités demeurent qui ne sont ni des crispations d’identité, ni des traces mémorielles. Ce sont nos trajectoires dans ce milieu particulier qui forment patrimoine et dont nous voulons explorer le récit en associant des initiatives artistiques innovantes et des formes collaboratives et ludiques ouvertes au plus grand nombre.

Dans son étude récente pour la Datar, le philosophe et sociologue Bruno Latour décrit cette actualité : notre cadre spatio-temporel est devenu intenable. C’est une transformation de tous les lieux, de tous les territoires, qui subissent chaque fois différemment les mêmes effets de désorientation par la découverte de dépendances mondiales et d’attachements imprévus. Il y a au coeur même de l’idée de territoire une contradiction qu’il faut clarifier si l’on veut pouvoir renouer le territoire réel avec des représentations crédibles et rassurantes. (…) Peut-on rendre à nouveau habitables, c’est-à-dire habituelles et même confortables, rassurantes, familières de telles variations dans notre nouveau cadre spatio-temporel?

En ce sens, paysage>paysages doit rendre confortable et explicite notre territoire proche, générer de nouvelles représentations, traduire des usages inconnus, anticiper des pratiques, faire de ce territoire notre bien commun.

De nombreux artistes et auteurs, de toutes disciplines interviennent dans les 7431 Km2 du département. Voici quelques exemples parmi les 160 rendez-vous programmés :

Chris Kenny “au milieu de nul part” au Musée Hébert de La Tronche du 16 septembre au 30 avril 2017,

www.Chris kenny

Yann de Fareins “l’Isère, à la limite” dans la cour du musée de l’Ancien Évéché à Grenoble du 16 septembre au 15 décembre 2016,

www-YdeF-Evieu-07

– Henry Torgue “concert de paysages” au Théâtre antique de Vienne et à la MC2 de Grenoble les 17 et 18 septembre 2016

– Mathieu Pernot “paysages habités” dans le Hall de MC2 du 16 septembre au 17 décembre 2016,

www_mathieu_pernot

ainsi que “le grand ensemble” à la Maison de l’architecture du 8 novembre au 16 décembre 2016,

www-MP-Le meilleur des mondes

– Daniel Bougnoux, Patrick Chamoiseau, Christian Garcin, François Jullien, Jacques Lacarrière, Marie-Hélène Lafon, Céline Minard, Alain Roger, “Le Paysage : mots pour mots “ , une proposition de Philippe Mouillon, au musée de Grenoble du 16 septembre au 16 octobre 2016

www-mots pour mot

– Jeremy Wood “true places” au Vog de Fontaine du 5 octobre au 5 novembre 2016

– Ingrid Saumur “courbure du Drac et de l’Isère “ à la maison de l’architecture du 6 octobre au 4 novembre 2016

www-Ingrid Saumur_6950

Pour en savoir plus et découvrir jour par jour tout le programme : paysage-paysages.fr