Usages du monde

Contexte

La quatrième saison de paysage>paysages aborde le paysage par le dépaysement. Longtemps, le dépaysement a été le privilège du voyageur, puis du touriste occidental. Certaines figures vagabondes comme Victor Segalen ou Nicolas Bouvier furent véritablement poreuses, traversées par le monde et ont rédigé des carnets éblouissants sur ses usages possibles. Mais dans la plupart des récits de voyage, la quête d’exotisme a masqué ou brouillé les réflexions sur l’expérience profonde de l’altérité. Le timbre-poste, la carte postale et le dépliant d’agence de voyage en ont été les icones. Les paysages lointains se sont imposés comme des fictions, un décor illusoire débarrassé des lignes de forces radicales qui les innervaient en profondeur. 

Et pourtant… Chaque paysage est d’abord une désorientation, y compris dans notre environnement proche, à l’heure où notre cadre familier apparait sans cesse « dépaysé », vacant, noyé dans une uniformisation planétaire. La déterritorialisation est une expérience dominante du monde contemporain. C’est la forme inversée du dépaysement. Elle désaccorde le lieu à ses soubassements, aux usages et aux complicités accumulés au fil du temps. Les lieux de l’industrie touristique, de l’industrie agricole, des hubs de transport et des plateformes offshore occupent les pays comme une armée étrangère, dans l’amnésie des appartenances. Ce sont des lieux clonés sur un modèle industriel dont la plantation coloniale a été à la fois le précurseur et le prototype. Des lieux qui s’épanouissent aujourd’hui uniformément dans le monde…

Nous vivons dans l’illusion d’une forme paysagère stable multipliable à l’identique alors même que la métamorphose rapide de nos écosystèmes nous impose d’autres postures sensibles et intellectuelles. Il devient essentiel de retrouver une connivence avec la densité poétique du lieu et des êtres vivants qui le peuplent, avec un vivant toujours ouvert, sans promesse de stabilité, polyphonique, rythmé de trajectoires enchevêtrées, indifférent aux intérêts et aux projets humains.

Pré-programme  

Table-ronde Usages du monde (15 octobre de 10 H à 17H, salle des débats du musée Dauphinois)

Pour cette saison 4, Ça Remue ! va associer des porteurs de savoirs scientifiques, artistiques et vernaculaires qui questionnent les usages du monde et qui les redéployent joyeusement. Ils sont siffleurs d’oiseaux, anthropologues, bergères et bergers, performeuses, philosophes, physiciens, écologues ou paysagistes… Trois jours durant, ils vont concentrer leur énergie pour nous aider à ne plus surplomber le monde mais à l’accueillir tel qu’il vient. Les différents espaces extérieurs du musée Dauphinois vont se transformer en un intense millefeuille d’expérimentations autour de ses composantes invisibles, négligées ou silencieuses – racines et rhizomes des végétaux, texture du sol, qualité des perspectives paysagères, ponctuations sonores des oiseaux…- pour faire émerger des usages plus appropriés du monde. En intercalant performance artistiques et scientifiques, en extérieur et en intérieur, ces journées multiplieront les formes d’intelligences collectives et de transversalités des savoirs.

Marie-Pascale Dube (15 octobre à 10 H et 16 octobre à 12H, Cloitre du musée Dauphinois, 

Cette chanteuse-performeuse s’exprime avec des sons formés depuis l’enfance, des sons qu’elle ne sait pas alors qualifier, des sons qui s’échappent de sa gorge en conservant la présence opiniâtre d’autres états et d’autres lieux du corps. Aspirations, râles, vibrations, halètements, souffles, rien dans ce chant ne ressemble à la voix étalonnée en Occident. Mais plus tard, Marie-Pascale Dube saura que ces formes chantées ont déjà existées, dans les cultures animistes nord-américaines, et qu’elle hérite ainsi d’une échelle de temps précieuse.

Douglas White (du 18 septembre au 18 octobre de 10 à 17H, Ferme du musée Dauphinois)

Cet artiste anglais s’installe durant plusieurs semaines dans un espace forestier pour mettre à jour les systèmes racinaires de quelques arbres. Par soustraction minutieuse des couches d’humus, avec des outils et une méthodologie d’archéologue, Douglas révèle le réseau inextricable et les fragiles interactions, les complicités entre les différents arbres, arbustes, buissons, champignons qui composent ce sous-bois. Les observations scientifiques les plus récentes rejoignent ici les savoirs vernaculaires anciens des forestiers et l’intuition de l’artiste : chaque forêt repose sur un monde souterrain de collaborations infinies et d’alertes entre espèces différentes qui échappe à l’observation humaine et reste donc négligé. Pourtant, tissés ensemble sous terre par des milliers de kilomètres de fils fongiques vivants, les arbres se nourrissent et se guérissent l’un l’autre. Le tapis de câblages des mycorhizes relie les arbres en gigantesques communautés intelligentes qui s’étendent parfois sur des centaines d’hectares.

Pierre & Rémi Janin (du 1 au 18 octobre, Séchoir du musée Dauphinois. Rencontre en conversation avec Bruno Caraguel le 16 octobre à 15H)

Ces deux frères sont architectes, éleveurs et paysagistes. Ils utilisent le bétail ou les labours comme des vecteurs performants d’aménagement paysagé. Ils prennent en considération, dans le sens le plus puissant du terme, la nature environnante, la densité poétique du lieu, les êtres vivants qui le peuplent pour penser les spécificités territoriales.

Jean-Marie Davoine (16 octobre et 17 octobre à 10H, Pré aux ânes du musée Dauphinois

Ce berger hors du commun propose des performances difficiles à qualifier avec des mots, entre happening et thérapie, destinées à repenser et expérimenter la place des animaux domestiqués dans les sociétés humaines. Une diplomatie subtile et silencieuse du corps, du geste et du regard.  

Les chanteurs d’oiseaux (15 octobre à 17H et 16 octobre à 13H, Verger du musée Dauphinois)

Ces faussaires nous invitent à traverser le paysage, l’oreille attentive au moindre virtuose caché dans les sous-bois. Merle, grive musicienne, sittelle torchepot, fauvette à tête noire, pouillot véloce, mésange, rouge gorge…, ils parviennent à reproduire à l’identique chaque concertiste, lui répondre en improvisant une conversation éblouissante, renouvelée au fil de la marche avec les différentes espèces présentes ce jour-là sur le site.

Alexandra Engelfriet 

Cette artiste hollandaise lutte avec le fonds, durant de vastes corps à corps dans les odeurs et la matière crue des limons accumulés au fil des siècles, des bains telluriques dans lesquels elle disparait dans une forme de transe qui conserve ensuite une empreinte dans la matière, meurtrie et sensuelle, abandonnée sans retouche ni remord.  

Rachel Gomme (16 octobre à 17H et 17 octobre à 15H)

Cette performeuse aborde le paysage urbain par les arbres. Elle imagine une ville qui serait une forêt peuplée d’humains plutôt qu’une métropole décorée d’arbres. Elle compose de vastes échanges d’intimité en invitant chacun à s’appuyer sur leur silence et leur immobilité pour élargir notre perception des paysages, en utilisant le souffle individuel pour converger en une seule respiration collective.

Jord Galí et la compagnie Arrangement provisoire (17 octobre à 14H, lieu à venir)

BABEL c’est une tour de 12m de haut, une utopie assemblée puis manipulée par 25 personnes en direct sous l’œil des spectateurs. De son élévation à sa dépose, la tour se fait l’écho du groupe au sol, traduit la qualité des relations présentes. Une œuvre d’ensemble, puissante et fragile, intime et monumentale. 

Les conversations artistes/chercheurs (16 octobre à 10H, 11H, 15H, 16H et 17 octobre à 10 et 11H)

Le cycle Ça remue ! poursuivra les conversations inédites entre les mondes. Chaque heure, et durant une heure, les auteurs invités de la saison 4, artistes, chercheurs, porteurs de savoirs vernaculaires ouvrent un duo ou un trio en conversation. Cet échange est ponctué par des questions de nos complices des saisons précédentes – Alexandra Arenes, Maryvonne Arnaud, Daniel Bougnoux, Bruno Caraguel, Yves Citton, Caroline Duchatelet, Guillaume Lebaudy, Chloé Moglia, Nastassjia Martin, Mathias Poisson, Olivier de Sépibus, Henry Torgue, Martin Vanier….

 

Pour être tenu informé et vous inscrire 

L’édition : paysage-animal

Alors que nous sommes témoins de l’effondrement des populations animales, il nous semble urgent et nécessaire de mettre en lumière la part animale de l’humanité.

L’humanisation du monde a prospéré en asservissant les autres espèces, jusqu’à oublier l’enracinement animal de nos sensations et de nos émotions, cette lointaine complicité dont témoignent les peintures des grottes de Lascaux ou celles de Chauvet. Sauvages ou domestiqués, les animaux ont élargi notre conscience et nos perceptions, et ce serait une régression épouvantable d’accepter un monde partagé entre l’industrialisation des animaux « utiles » et un désert écosystémique généralisé.

Pour que l’humanité n’échappe pas aux êtres humains, il nous faut recomposer les sociétés humaines afin de faciliter le déplacement, le séjour et l’épanouissement des animalités, c’est-à-dire assembler des enchevêtrements de rythmes et de trajectoires qui ne se plient pas seulement aux intérêts et aux projets humains. Car les animaux participent à l’équilibre de nos sociétés par leurs travaux, leur affection, l’irréductibilité de leurs comportements.

En associant les savoirs et les sensibilités de bergers, artistes, éleveurs, philosophes, anthropologues, éthologues, géographes…, paysage-animal dessine les contours d’une relation plus intense et équilibrée entre les êtres vivants partageant une même terre.

Dialogue avec un troupeau / Laurent Four dans le cadre de
Ça Remue !

 

Sommaire du numéro :

  • Mode d’emploi Alain Faure
  • Paysage-animal Philippe Mouillon
  • Humus humanité Daniel Bougnoux
  • Didactiques de l’accordage affectif pour temps d’effondrement Yves Citton
  • Enchanté par le troupeau Inge Linder-Gaillard
  • Un troupeau sur le campus, pour quoi faire ? Bruno Caranguel
  • Pâturer les champs de la connaissance Guillaume Lebaudy
  • Animaux au travail Jean Estebanez
  • L’université intégrée, une symphonie pastorale Jean-Charles Froment
  • Affleurer le paysage Olivier de Sépibus
  • Un monde d’insectes Laurence Després
  • Transmettre des émotions Katia Després et Gael Sauzeat
  • Gonepteryx Rhamni Caroline Duchatelet
  • Tentatives d’approches d’un point de suspension  Yoann Bourgeois
  • De l’humeur des araignées Conversation avec Abraham Poincheval
  • Les textures du temps Jordi Galí
  • Des places pour le vivant Conversations avec Victoria Klotz
  • Mémoire d’eau Conversation avec Cyrille André
  • Animisme et wilderness Nastassja Martin
  • Paysages humanimaux Coralie Mounet
  • Entre chiens et loups Conversation avec Antoine le Menestrel
  • Migrateurs Antoine Choplin
  • Le vivant, les sons et le territoire Henry Torgue
  • Conditions animales Maryvonne Arnaud
  • Pour une ville où les murs piaillent et chantent Milena Stefanova
  • Atlas des mondes de chacun Philippe Mouillon
  • Perdu pigeon blanc Conversation avec Alban de Chateauvieux
  • Les animés Conversation avec Alexandra Arènes

 

Ont contribué à ce numéro : Cyrille André, Anne-Laure Amilhat Szary, Alexandra Arènes, Maryvonne Arnaud, Jean Boucault, Daniel Bougnoux, Yoann Bourgeoi, Laure Brayer, Bruno Caraguel, Alban de Chateauvieux, Antoine Choplin, Yves Citton, Laurences Després, Katia Després, Caroline Duchatelet, Jean Estebanez, Laurent Four, Jean-Charles Froment, Jordi Galí, Soheil Hajmirbaba, Catherine Hannï, Victoria Klotz, Béatrice Korc, Olivier Labussière, Guillaume Lebaudy, Inge Linder-Gaillard, Nastassjia Martin, Antoine le Menestrel, Jérôme Michalon, Philippe Mouillon, Coralie Mounet, Abraham Poincheval, Johnny Rasse, Gael Sauzeat, Milena Stefanova, Olivier de Sépibus, Henry Torgue.

Images originales de : Cyrille André, Jean-Pierre Angei, Alexandra Arènes, Maryvonne Arnaud, Friedrich Böhringer, Marianne Elias, Olivier Garcin, Sonia Levy, Vita Manak, Fred Massé, Stéphanie Nelson, Olivier de Sépibus

 

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L’édition : paysage en mouvements

Les paysages fixes n’existent pas. Le sédentaire et le définitif ne sont que des illusions d’optique, des déficits de perception ou d’interprétation. Tout dans le paysage remue, tangue, chaloupe, bouscule, migre et se déplace…. Cet enchevêtrement infini de dynamiques est éprouvé durant 128 pages par de nombreux artistes et auteurs de multiples disciplines qui vous invitent à aborder le paysage comme une ressource précieuse pour apprendre à vivre avec ampleur.

Ont contribués à ce numéro : Anne-Laure Amilhat-Szari, Maryvonne Arnaud, Cécile Beau, Daniel Bougnoux, Philippe Bourdeau, Laure Brayet, Anne Cayol-Gerin, Philippe Choler, Laurence Després, Caroline Duchatelet, Gisèle Durand, Sandrine Expilly, Alain Faure, Eve Feugier, Christoph Fink, Éléonor Gilbert, Lucie Goujard, Julien Grasset, Catherine Hänni, Nicolas Hubert, Nicolas Lanier, Francis Limérat, Jacques Lin, Jeanine Elisa Médélice, Sarah Mekdjian, Chloé Moglia, Guillaume Monsaingeon, Philippe Mouillon, Stéphanie Nelson, Fabrice Pappalardo, Aymeric Perroy, Dominique Pety, Hélène Piguet, David Poullard, Isabelle Raquin, Claire Revol, Olivier de Sépibus, Anne Sgard,  Jeff Thiébaut, Henry Torgue, Martin Vanier.

Textes originaux de : Maryvonne Arnaud, Daniel Bougnoux, Laure Brayet, Anne Cayol-Gerin, Lucie Goujard, Nicolas Lanier, Jeanine Elisa Médélice, Guillaume Monsaingeon, Philippe Mouillon, Aymeric Perroy, Dominique Pety, Isabelle Raquin, Claire Revol, Olivier de Sépibus, Jeff Thiébaut, Martin Vanier; Images originales de : Maryvonne Arnaud, Éric Bourret, Caroline Duchatelet, Sandrine Expilly, Éléonor Gilbert, Stéphanie Nelson, Mathias Poisson, Isabelle Raquin, Olivier de Sépibus.

Plus d’informations sur : https://local-contemporain.net/opus-10/

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Ça remue

ÇA REMUE

PERFORMANCES – INSTALLATION – MASHUP DE FILMS – CONVERSATIONS ENTRE ARTISTES ET CHERCHEURS – CONFERENCE FICTION

  • Musée de Grenoble
  • Vendredi 2, samedi 3, dimanche 4 mars
  • hall, grande galerie, patio, salle des séminaires, auditorium

Les paysages fixes, stables, arrêtés n’existent pas. Le sédentaire et le définitif ne sont que des illusions d’optique ou de perception. Tout dans le paysage remue, tangue, chaloupe, bouscule, migre et se déplace…

À contrario de l’itinéraire trop bien tracé de la route principale nous projetant au plus vite vers une destination déterminée, Ça remue vous propose de cheminer disponible au hasard et à l’inattendu, attentif à toutes les rencontres, de déguster le temps qui passe, le temps qui change, d’oublier les certitudes ou les inquiétudes pour laisser la part belle à l’échappée.

 

LE PROGRAMME DES 3 JOURS :

  • MASHUP : Le paysage fait son cinéma

Vendredi 2, samedi 3, dimanche 4 mars >Auditorium du musée (entrée gratuite)

Un montage d’Agnès Bruckert (boucle de 36 mn en projection continue).

  • INSTALLATION : Lieux-dits, un précipité de vies

> Vendredi 2, samedi 3, dimanche 4 mars > Grande galerie (entrée gratuite samedi et dimanche)

Une proposition de Philippe Mouillon avec le concours scientifique de Jeanine Elisa Médélice

  • SÉMINAIRE : paysage en mouvements

> Vendredi 2 mars de 9h30>13h / 14h30>18h > Salle de séminaire (entrée gratuite sur inscription ici)

  • 9H30 > Accueil par Guy Tosatto, directeur du musée de Grenoble. Introduction par Philippe Mouillon.
  • 10h>13H – 14H30>18H : Une journée de réflexion sur les paysages en mouvements avec Cécile Beau (artiste), Daniel Bougnoux (philosophe), Philippe Bourdeau (géographe), Philippe Choler (écologue), Emanuele Coccia (philosophe), Laurence Desprès (biologiste), Caroline Duchatelet (artiste), Alain Faure (politiste), Catherine Hänni (archéobiologiste), Lucie Goujard (historienne d’art), Lionel Manga (écrivain), Martin de la Soudière (ethnologue), François Parcy (biologiste), Dominique Pety (historienne de la littérature), Claire Revol (philosophe), Olivier de Sépibus (artiste), Henry Torgue (compositeur), Martin Vanier (géographe), Marc Vuillermoz (historien de la littérature)…
  • 18H30 > Conclusion en présence de Patrick Levy, Président de l’Université Grenoble Alpes.

(photographie de Stephanie Nelson)

  • CONVERSATIONS entre artistes de paysage>paysages et chercheurs universités / CNRS

> Samedi 3 mars > Patio (entrée gratuite)

  • 10H Caroline Duchatelet (artiste) >/< Daniel Bougnoux (philosophe) : Cueillir la lumière
  • 11H Agnès Bruckert (monteuse) >/< Pascale Bodet (critique de cinéma) >/< Laure Brayer (architecte) : Filmer le paysage en arrière-fond
  • 12H Rachid Ouramdame (chorégraphe) >/< Anne-Laure Amilhat (géographe) : Franchir les frontières
  • 13H Céline Perroud (danseuse) >/< Claire Revol (philosophe) : Gestes entre ciel et terre
  • 14H Olivier de Séphibus (photographe) >/< Yann Borgnet (guide) >/< Lucie Goujard (historienne d’art) : La disparition du paysage de haute montagne
  • 15H Cécile Beau (artiste) >/< Cartherine Hänni (archéobiologiste) : Stabilité et turbulences, la nature en évolution
  • 16H Chloé Moglia (artiste) >/< Emmanuele Coccia (philosophe) : Se mélanger au monde par le souffle
  • 17H Éléonor Gilbert (réalisatrice) >/< Anne Sgard (géographe) >/< Sarah Mekdjian (géographe) : Expérimenter son quotidien

(photographie de Stephanie Nelson)

(photographie de Stephanie Nelson)

Commentaire de Daniel Bougnoux

  • PERFORMANCES

> Samedi 3 mars

  • 11H > Skull*cult de Christian Rizzo et Rachid Ouramdane > Salle XVIIIe siècle (entrée gratuite / durée 25mn)

Rachid Ouramdane, co-directeur du CCN2-Centre chorégraphique national de Grenoble, reprend et interprète ce solo créé au Vif du sujet à Avignon en 2002. Le corps gainé de cuir, il développe un travail d’articulations et de suspensions intégralement réalisé de dos.

(photographie de Stephanie Nelson)

  • 12H > Horizon Chloé Moglia > Parvis du musée (entrée gratuite / durée 25mn)

À 6 mètres de hauteur, Chloé Moglia, l’artiste aérienne associée au CCN2-Centre chorégraphique national de Grenoble, explore la décomposition du mouvement au bout d’une longue perche recourbée.

(photographie de Maryvonne Arnaud)

  • 14H > Skull*cult de Christian Rizzo et Rachid Ouramdane > Salle XVIIIe siècle (entrée gratuite / durée 25mn)

Rachid Ouramdane, co-directeur du CCN2-Centre chorégraphique national de Grenoble, reprend et interprète ce solo créé au Vif du sujet à Avignon en 2002. Le corps gainé de cuir, il développe un travail d’articulations et de suspensions intégralement réalisé de dos.

  • 15H > Horizon Chloé Moglia > Parvis du musée (entrée gratuite / durée 25mn)

À 6 mètres de hauteur, Chloé Moglia, l’artiste aérienne associée au CCN2-Centre chorégraphique national de Grenoble, explore la décomposition du mouvement au bout d’une longue perche recourbée.

  • 16H > Espace Éléonor Gilbert > Salle de séminaire (entrée gratuite / durée 14mn)

Un film de 14 minutes où, à l’aide d’un croquis, une petite fille explique les subtilités géopolitiques de l’espace public à l’échelle d’une cour de récréation.

(Photogramme du film d’Eléonor Gilbert)

PERFORMANCES

> Dimanche 4 mars

  • 11H30 > Transhumance Nicolas Hubert et Giulia Arduca Compagnie Épiderme > Départ Grande galerie, niveau vestiaire (entrée gratuite / Déambulation de 20 mn)

Une déambulation performative et contemplative dans de grands espaces imaginaires, à travers un mouvement hybridant les formes jusqu’à la confusion des membres et des genres (humain/animal, masculin/féminin).

(photographie de Maryvonne Arnaud)

  • 12H > > Horizon Chloé Moglia > Parvis du musée (entrée gratuite / durée 25mn)

À 6 mètres de hauteur, Chloé Moglia, l’artiste aérienne associée au CCN2-Centre chorégraphique national de Grenoble, explore la décomposition du mouvement au bout d’une longue perche recourbée.

  • 14H > Le geste de la Terre Céline Perroud Compagnie Rotations Culturelles > Patio (entrée gratuite / durée 20 mn)

Danseuse et chorégraphe atypique, Céline Perroud présente une variation du master class «Sismo Danse » réalisée avec le sismologue Jean Robert Grasso et le plasticien Sébastien Perroud.

(photographie de Stephanie Nelson)

  • 14H30 > Transhumance Nicolas Hubert et Giulia Arduca Compagnie Épiderme > Départ Grande galerie, niveau vestiaire (entrée gratuite / Déambulation de 20 mn)

Une déambulation performative et contemplative dans de grands espaces imaginaires, à travers un mouvement hybridant les formes jusqu’à la confusion des membres et des genres (humain/animal, masculin/féminin).

  • 15H > Tentatives d’étirement du français figé David Poullard >/< Guillaume Rannou > Grande galerie (entrée gratuite / durée 20 mn)

Une conférence fiction par deux artistes de la langue qui élaborent ensemble des dispositifs destinés à tordre l’ordinaire et le banal de notre langue usuelle, afin d’en extraire des sens potentiels inattendus.

  • 15H30 > Horizon Chloé Moglia > Parvis du musée (entrée gratuite / durée 25mn)

À 6 mètres de hauteur, Chloé Moglia, l’artiste aérienne associée au CCN2-Centre chorégraphique national de Grenoble, explore la décomposition du mouvement au bout d’une longue perche recourbée.

  • 16H > Le geste de la terre Céline Perroud Compagnie Rotations Culturelles > Patio (entrée gratuite / durée 20 mn)

Danseuse et chorégraphe atypique, Céline Perroud présente une variation du master class «Sismo Danse » réalisée avec le sismologue Jean Robert Grasso et le plasticien Sébastien Perroud.

  • 16H30 > Tentatives d’étirement du français figé David Poullard >/< Guillaume Rannou > Grande galerie (entrée gratuite / durée 20 mn)

Une conférence fiction par deux artistes de la langue qui élaborent ensemble des dispositifs destinés à tordre l’ordinaire et le banal de notre langue usuelle, afin d’en extraire des sens potentiels inattendus.

 

 

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Une initiative de LABORATOIRE en partenariat avec le musée de Grenoble, le CCN2 centre chorégraphique national de Grenoble et les éditions local-contemporain – réalisée avec les soutiens de l’IDEX Université Grenoble Alpes, la SFR recherche-création Université Grenoble Alpes, la région Auvergne Rhône-Alpes, la ville de Grenoble dans le cadre de

un événement culturel porté par le Département de l’Isère sur une proposition artistique de LABORATOIRE

walking with satellites

“Walking with satellites” est le résultat d’un travail mené pendant trois semaines par l’artiste Jeremy Wood, avec la collaboration de 65 étudiants dotés de receveurs GPS. Elle est à la fois outil d’orientation et récit d’une expérience collective. 475 kilomètres ont été parcourus à pied sur les 185 hectares du campus en évitant les chemins déjà tracés. Routes et bâtiments ont disparu, remplacés par des boucles et des frises. Sous la conduite de Jeremy Wood, le campus grenoblois a révélé sa texture inédite et fragile, faite de va-et-vient, de remords, de rêveries et de vagabondages. Si le recto souligne l’appartenance du campus dans la ville par le franchissement de l’Isère ou la présence discrète du bâti, la carte imprimée au verso renvoie à une forme flottante, presque primitive et animale, qui surgirait du fond de la préhistoire. Etonnante rencontre de la technologie la plus coûteuse avec une mémoire sans langage renvoyant au plus archaïque de notre humanité.

 

La carte imprimée a-t-elle encore du sens à l’âge du numérique ? La disponibilité des signaux numériques, l’exigence de données ajustées en temps réel, l’omniprésence des téléphones devenus ordinateurs-écrans-boussoles, autant de facteurs souvent tenus pour une condamnation du papier. Nous savons désormais qu’aucune carte n’est vraie, parfaitement exacte, définitive. Comme les traductions des grands textes, sans cesse remises sur le métier, la cartographie est une traduction parmi d’autres, éternellement lacunaire et obsolète. Les artistes n’ont jamais visé la neutralité ni l’exhaustivité. Leur pratique du territoire est par principe refus du standard, choix d’une lecture personnelle, appel à poser un regard différent sur des paysages qu’on croyait bien connus. Mappages rassemble des pratiques d’artistes qui voient dans la production de cartes un moyen d’expression plus qu’un outil d’orientation ; une revanche sur la prétention des cartes exactes et absolues ; un appel à la « carte du jour d’après », celle qui viendrait compléter l’expérience d’un territoire jamais définitivement documenté. Le recours au terme ancien de « mappe » et la référence à l’étymologie de la « nappe » et du « nappage » témoignent d’une modernité renouvelée. Mappages : jamais les cartes imprimées n’ont été aussi actuelles.

Mappages : Directeur de collection : Guillaume Monsaingeon

ISBN 978-2-9516858-2-6

Prix de vente public : 5 €

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Cherchez le murmure, une carte des échos de l’Isère

Poète et plasticienne, Marie Chéné joue avec les syllabes et les sons. Elle s’attache aux mots et aux fragments de phrases « déjà-là » ou « déjà écrits » pour mieux en souligner les richesses. Son intérêt pour les lieux dans lesquels nous vivons l’a conduite à collectionner les toponymes. Lieux-dits et noms de communes, rivières, îles, plaques de rues, Marie Chéné découpe ou recompose les mots afin d’en déployer la fragilité. 

Contre nos regards banalisés, Marie Chéné organise la rencontre joyeuse entre les cartes géographiques et l’espace du poème. Durant l’été et l’automne 2016, la poète et plasticienne Marie Chéné a repéré divers lieux d’écho en Isère à l’invitation de paysage>paysages. Elle les a testés et parlés, elle a écrit pour les parois. Lancez ses paroles à l’écho, il les complétera. Commencez une phrase, l’écho la finira pour vous : “Cherchez le mur” complété par l’écho donnera “ Cherchez le murmure ”, “ À petite dose ” deviendra “ À petite dose, ose ” et, dans un lieu où l’écho est plus long, “ Jamais l’étonnement ” se transformera en “ Jamais l’étonnement ne ment ”. Les paysages sont aussi faits de mots, de noms propres ou communs, de phrases qui tentent de dire nos émotions.

La carte imprimée a-t-elle encore du sens à l’âge du numérique ? La disponibilité des signaux numériques, l’exigence de données ajustées en temps réel, l’omniprésence des téléphones devenus ordinateurs-écrans-boussoles, autant de facteurs souvent tenus pour une condamnation du papier. Nous savons désormais qu’aucune carte n’est vraie, parfaitement exacte, définitive. Comme les traductions des grands textes, sans cesse remises sur le métier, la cartographie est une traduction parmi d’autres, éternellement lacunaire et obsolète. Les artistes n’ont jamais visé la neutralité ni l’exhaustivité. Leur pratique du territoire est par principe refus du standard, choix d’une lecture personnelle, appel à poser un regard différent sur des paysages qu’on croyait bien connus. Mappages rassemble des pratiques d’artistes qui voient dans la production de cartes un moyen d’expression plus qu’un outil d’orientation ; une revanche sur la prétention des cartes exactes et absolues ; un appel à la « carte du jour d’après », celle qui viendrait compléter l’expérience d’un territoire jamais définitivement documenté. Le recours au terme ancien de « mappe » et la référence à l’étymologie de la « nappe » et du « nappage » témoignent d’une modernité renouvelée. Mappages : jamais les cartes imprimées n’ont été aussi actuelles.

 Mappages : Directeur de collection : Guillaume Monsaingeon

ISBN 978-2-9516858-4-0

Prix de vente public : 5 €

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