Animalités / humanités / savoirs vernaculaires

Alors que nous sommes témoins de l’effondrement des populations animales, il nous semble urgent de documenter et symboliser l’apport des animalités dans l’humanisation de l’humanité.

Par observation et par imitation, l’humanité a accédé à une intensité animale des sensations qui complète les nôtres. Les peintures des grottes de Lascaux ou de Chauvet témoignent des lointains de cette complicité dynamique. Sauvages ou domestiqués, les animaux ont élargi la conscience et les perceptions de l’humanité et ce serait une régression épouvantable d’accepter le partage du monde entre l’industrialisation des animaux « utiles » et un désert écosystémique généralisé.

Pour gagner en qualité de vie, il nous faut recomposer les sociétés humaines afin de faciliter le séjour, l’épanouissement et le déplacement des animalités, c’est-à-dire d’assembler avec soin des enchevêtrements de spatialités et de temporalités qui ne se plient pas aux intérêts et aux projets humains. Il ne s’agit pas de préserver des enclaves, des zoos ou des banques génétiques, mais de réinventer une société accueillante pour ce réservoir de vivacités qui nous échappent, condition nécessaire d’une humanité vivace et prometteuse.

Car les animaux participent à la stabilité des sociétés humaines par leurs travaux, leur affection, l’irréductibilité de leurs comportements. Ils forment l’humus nécessaire à l’humanisation de l’humanité.

Notre initiative, dont la forme est encore confidentielle, associera de nombreux auteurs, en croisant les approches de praticiens de l’élevage, de bergers, de dresseurs, d’artistes et de chercheurs afin de construire des symbolisations partageables publiquement avec le plus grand nombre.

Mauvais temps

Depuis janvier 2016, Maryvonne Arnaud documente le vaste mouvement de déplacement d’hommes, de femmes et d’enfants de toutes provenances, qui échouent vague après vague sur les plages grecques, puis qui se retrouvent en attente dans des camps de transit ou des campements de fortune.

 

Elle interroge la place et le montage de chacune de ces images, afin de les démarquer du flot médiatique qui double le drame humain sans parvenir à construire un horizon commun.

Elle a conçu cette exposition comme un film en pièces détachées, où le visiteur est invité à reconstruire son propre enchaînement, à assembler les sons aux images, les vagues aux visages, afin de regarder chacun de ces individus en face, à se mettre un instant dans leur peau, à s’impliquer dans ce moment de notre histoire commune, à se reconnaître.

 

Tout se passe comme si nous recevions certaines vies comme des vies qui ne seraient pas tout à fait vivantes ; tout se passe comme si l’on considérait certains genres de vie, ainsi que le dit Judith Butler, « déjà comme des non-vies, ou comme partiellement en vie, ou comme déjà mortes et perdues d’avance, avant même toute forme de destruction ou d’abandon.

Marielle Macé « sidérer, considérer » Verdier 2017

Rencontre-débat Mercredi 15 novembre à 18h30, avec Pascal Manoukian, à l’invitation du festival premier Roman, en présence de Maryvonne Arnaud. Espace Larith

Rencontre-débat Vendredi 1 décembre à 18h, en présence de Maryvonne Arnaud, Marielle Macé (auteure de Sidérer, considérer), Crystal Cordell Paris (auteure de La philosophie politique), Anne-Laure Amilhat Szari (auteure de Qu’est-ce qu’une frontière aujourd’hui ?), Alain Faure (auteur de La politique à l’épreuve des émotions), Amandine Dupraz et Jacopo Rasmi, doctorants à l’Université Grenoble Alpes. Espace Larith

Rappel des rencontres avec Maryvonne Arnaud :

le 30 mars 2017 à la bibliothèque de Grenoble (avec Guillaume Leblanc, Vélibor Colic, Antoine Choplin et Natacha Appanah),

le 8 juillet 2017 au festival de l’Arpenteur (avec Fabienne Swiatly, Anne-Laure Amilhat Szari),

le 22 octobre 2017 au festival le Grand Bivouac à Alberville (avec Guillaume Leblanc, Fabienne Bruyère)

Avec les soutiens du ministère de la culture (Drac Auvergne Rhône-Alpes) et de la région Auvergne Rhône-Alpes – dans le cadre des appels à projets Mémoires du XX siècle, du CHRD de Lyon, de Migrants en Isère, du printemps du livre et de la ville de Grenoble, de l’espace Malraux – scène nationale de Chambéry et de la Savoie, du Département de l’Isère, de l’Assemblée nationale, du festival de l’Arpenteur ; et avec les généreuses contributions de Erri de Luca et de Antoine Choplin.
Article paru dans le petit Bulletin du 25 Avril 2017
Le plaidoyer pour l’humanité de Maryvonne Arnaud

Comment aborder la crise migratoire avec justesse ? La photographe grenobloise Maryvonne Arnaud prend le problème à bras le corps pour un « Mauvais temps » qui se décline aussi en installation et en vidéo, avec une justesse renversante. Une exposition forte à découvrir à la Bibliothèque centre-ville de Grenoble.
LE VENDREDI 21 AVRIL 2017 PAR CHARLINE CORUBOLO

Le plaidoyer pour l’humanité de Maryvonne Arnaud

Crédit Photo : Charline Corubolo

Mauvais temps

Installation de Maryvonne Arnaud
Bibliothèque Centre Ville 10 rue de la République Grenoble

Jusqu’au 6 mai 2017

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Grenoble lance ses États généraux des migrations
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Dire que l’ère est viciée, que l’air du temps est mauvais est un euphémisme en ce début de XXIe siècle. Entre les discours excluants et les images venant du terrain, il est difficile de trouver le recul adéquat pour aborder la crise migratoire actuelle. Mais leMauvais temps de Maryvonne Arnaud, qui se déploie actuellement à la Bibliothèque centre-ville, le fait avec authenticité et pudeur. Photographies, installation et vidéo agissent de manière percutante sur la conscience, notamment grâce à la finesse de la scénographie.

Suite à de multiples voyages à Athènes, Idoméni mais aussi sur les îles de Lesbos et de Chios où arrivent par vagues des migrants de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak ou encore d’Iran, l’artiste grenobloise a composé un carnet de mer visuel où le renversement d’échelle met le spectateur face à ses responsabilités, où le manque de recul pousse à la réflexion, où les gilets de sauvetage échoués sur les plages remplacent les corps.

Des scènes fortes desquelles émerge l’espoir sur un visage souriant à travers la grisaille, malgré les mots de l’auteur italien Erri De Luca mis en voix sur les images de la photographe « Ils séparent les morts des vivants, voici la récolte de la mer. » Et voici le plaidoyer photographique de Maryvonne Arnaud pour l’humanité, pour l’éveil de nos consciences.

Mauvais temps
À la Bibliothèque du centre-ville jusqu’au samedi 6 mai

 

paysages singuliers, paysage pluriel

Mieux percevoir et partager le monde auquel nous appartenons.

C’est le sens de PAYSAGE>PAYSAGES, un attracteur d’initiatives développé sur les 7 431 km2 du département de l’Isère durant les trois mois d’une saison, ici l’automne 2016, puis amplifié en glissant d’une saison à l’autre jusqu’à l’été 2020. Les paysages tissent le voisinage proche et l’horizon, faisant circuler de l’altérité dans le local et de l’intimité dans le lointain.

Cet infini du paysage est éprouvé ici par des artistes et des bricoleurs astucieux de nouveaux usages qui nous invitent à mettre en commun nos “ vivres ”, et à aborder le paysage comme une ressource pour apprendre à vivre avec ampleur.

Textes originaux de : Anne-Laure Amilhat Szary, Maryvonne Arnaud, Jean-Pierre Barbier, Daniel Bougnoux, Élisabeth Chambon, Patrick Chamoiseau, Marie Chéné, Alain Chevrier, Antoine Choplin, Alain Faure, Christian Garcin, Serge Gros, Jean Guibal, Michael Jakob, François Jullien, Agnieszka Karolak, Marie-Hélène Lafon, Philippe Marin, Sarah Mekdjian, Céline Minard, Guillaume Monsaingeon, Philippe Mouillon, Hélène Piguet, Alain Roger, Gilles A.Tiberghien, Henry Torgue.

Textes littéraires de : Aragon, Balzac, Aimé Césaire, Du Bellay, Jean Giono, Héraclite, Jacques Lacarrière, Mario Rigoni Stern, Stendhal, Oscar Wilde.

Images originales de : Maryvonne Arnaud, Benbert, Andréa Bosio, Jérémy Chauvet, Thi Thuy Ngan Dinh, Yann de Fareins, Michel Frère, Françoise Girard, Chris Kenny, Lapin, Vanessa Loumon, Mengpei Liu, Gérard Michel, Mohamad Tohméh, François Mondot, Douglas Oliveira da Silva, Thomas Pablo Mouillon, Mathieu Pernot, Amélie Pic, Christian Rau, Jean Marc Rochette, Ingrid Saumur, Tazab, Denis Vinçon, Jeremy Wood.

Iconographies : Gustave Doré (1875-1878) Collection musée de Grenoble, Jean Bidauld (1808) Collection musée de Grenoble, Édouard Brun (1901) Collection musée de Grenoble, Ernest Victor Hareux (1892) Collection musée de Grenoble, Laurent Guétal (1889) Collection musée de Grenoble, Ernest Hébert (1883) Collection musée Hébert, Jean Achard (1837) Collection musée de Grenoble, Jean Achard (1844) Collection musée de Grenoble, Guo Xi (1072) Musée national du palais, Taipei

 

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En vie

Migrations contemporaines en Méditerranée 

Un dispositif multimédia de Maryvonne Arnaud

> Textes originaux : Erri de Luca

> Traduction : Danièle Valin

> Textes complémentaires : Erri de Luca extraits de ALLER SIMPLE   (éditions Gallimard 2012)

> Conception générale et prise de vues : Maryvonne Arnaud

> Montage images et sons : Guillaume Robert

> Voix : Sophie Vaude, Jean-François Matignon, Dominique Laidet,

> Conseil scientifique : Anne-Laure Amilhat Szary, Alain Faure, Yves Citton

Étude préparatoire (mai 2016) : boucle vidéo de 22 minutes

Diffusion en avant-première :

> au CHRD/Lyon, les 28 et 29 mai 2016 en clôture de l’exposition « Rêver d’un autre monde».

> au cinéma Utopia / Avignon, chaque jour impair à 11H du 7 au 25 juillet 2016 

> à MC2 / Grenoble, lors des Etats généraux des migrations organisés par la Cimade

 

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A regarder les premières images réalisées par Maryvonne Arnaud à la lisière européenne de la mer Egée, on est frappé par l’invraisemblable coexistence de plusieurs mondes symboliques : la fin des frontières et de la géographie promise et vantée par le libéralisme économique et financier dont le flux de marchandise circulant sans entraves est rappelé ici par les énormes cargos traversant l’horizon, ensuite le monde à portée de main des touristes occidentaux consommant paresseusement de la plage et du soleil, puisque ces plages enchantent bien souvent les dépliants touristiques des agences de voyages occidentales ; enfin la dépendance si fragile des migrants qui risquent leur vie et celle de leurs enfants à franchir sur des canots pneumatiques un bras de mer insignifiant.

L’artificialité de la situation est si criante que nous tentons désespérément de nous en distraire ou de nous en défendre. Rien, en effet, ne sépare ces migrants de nous-même, et les transporter confortablement de la côte orientale de la mer Egée à la côte occidentale ne pose aucune difficulté logistique. Les ferrys sont là, et le prix de la traversée est de quelques euros.

Mais ces individus sont volontairement abandonnés à leur sort et doivent franchir dans la nuit ces quelques kilomètres tragiques de Méditerranée. Ils sont seuls au monde, ne sont plus rien, ne comptent pour rien. Ils apportent chez nous de lointains bruits de guerre, l’odeur nauséabonde des maisons ravagées et des villages brûlés, du chaudron de l’inconnu, de ce qui ne nous intéresse pas particulièrement, de ce sur quoi nous n’avons pas grand-chose à dire, comme l’écrit Zygmunt Bauman lorsqu’il tente de comprendre la paranoïa croissante pour les questions de sécurité. Ils sont bannis, illégaux, surnuméraires, clandestins, migrants ….

L’asymétrie de leur destinée et de la nôtre n’est qu’un hasard historique et nous le savons, et nous leur en voulons de nous rappeler combien notre environnement démocratique ne tient qu’à un fil, tissé d’injustices et d’échanges économiques cyniques, fil que nous pourrions pourtant activement consolider en ne cédant rien de nos fondements.

En ce sens, la diffusion accélérée des images de MA nous rappelle combien cette tragédie est grotesque puisqu’elle n’occupe l’espace médiatique que par vagues discontinues, en fonction de notre propre actualité sportive ou du caractère spectaculaire des corps échoués sur les plages, mais que pourtant ce grotesque nous imprègne et nous hante.

Dans son célèbre « Bréviaire méditerranéen », Predrag Matvejevi écrit de la Méditerranée qu’elle est le liquide amniotique de notre civilisation. Cette matrice est-elle condamnée à n’enfanter que des génocides et des exodes vague après vague, et pour la nuit des temps ?

Filmer les arrivants par Daniel Bougnoux

Maryvonne se pose cette question, qui est celle de l’énonciation, et (avec Yves Citton) des « régimes d’attention ». Elle a saisi (de façon très répétitive mais jamais « en rafale ») les scènes de débarquement, dont elle propose un montage quasi cinématographique. Les images ainsi juxtaposées et projetées en accéléré tendent au mouvement, sans tout-à-fait y parvenir ; notre vision saccadée demeure celle d’un presque-film, ou la proto-réalisation d’un début de cinéma, esquissé mais pas vraiment réalisé ; ici la photo s’efforce au cinéma, mais demeure échouée à son seuil. Ce dispositif est par lui-même frappant, très émouvant, et la technique choisie apporte un message, mais lequel ?

Tout film est en lui-même promesse de mouvement, et d’échappées belles. L’invention des frères Lumière coïncide pleinement avec notre société liquide, touristique, parcourue de flux en tous genres (vacanciers, financiers, économiques, informationnels…) ; par le cinéma nous nous évadons, nous nous identifions à un imaginaire du fluide, nous planons ou ne cessons d’échapper à nos propres frontières. Il semble que la photographie en revanche nous assigne à résidence ; échouant par nature à montrer le mouvement, elle privilégie les moments, les scènes de genre, l’arrêt sur image, le temps immobile de l’intériorité ou de la mémoire. Elle peut aussi fortement cadrer ses représentations, circonscrites ou localisées dans un espace et un temps donnés. Or, n’est-ce pas ce qui arrive (négativement) aux migrants ? Tous habités d’une promesse de mouvement ou d’échappée, palpable dans leurs regards si intenses au moment du débarquement, ils vont peu à peu s’enliser parmi des chicanes administratives (les corridors barbelés de Moria à Lesbos) et dans la vie stagnante des « camps ». Les images saccadées, pré-cinématographiques de Maryvonne nous le rappellent : porteurs d’une promesse de passage fluide et d’images-mouvements, les arrivants échouent à arriver, leur mouvement est stoppé, leur vie cadenassée ou recadrée par d’autres. Ils n’accèdent pas à la grande écriture du cinéma, ils ne dépassent pas le petit cadre ou le micro-récit de la photo, ils s’échouent.

Une autre caractéristique, aussi technique qu’éthique de ces photos, c’est bien sûr le passage du plan large au plan serré ou rapproché sur les visages, ou sur les objets abandonnés qui jonchent la plage. Au début on ne voit qu’un bateau, posé sur l’horizon où la mer le malmène ; jusqu’au débarquement nous ne distinguons qu’une foule anonyme, indistincte de pauvres gens, métonymie banale de cette misère du monde qu’il n’est pas question, selon un mot devenu célèbre, d’accueillir toute… Mais voici que ce tout se fragmente, s’analyse. Bientôt un visage se détache, un acteur s’individualise, le geste d’une femme protégeant son enfant, la vocifération muette à l’écran d’un homme agrippant un boute et notre vue s’humanise, l’histoire nous concerne, il faut tendre une main secourable aux inconnus, rencontrer ces regards, leur rendre un sourire. La foule, une statistique chiffrant les milliers de migrants morts en mer émeuvent médiocrement ; la photo du petit noyé Aylan au corps abandonné sur une plage nous bouleverse, et fait le tour du monde…

Notre imagination est ainsi faite que notre compassion s’attache à des individus, à un destin personnel, alors que le collectif nous endort ; le nombre, la masse ne nous concernent pas. Quand, rappelle Finkielkraut, les nazis ouvraient les portes des wagons à l’arrivée aux camps, ils avaient soin de transformer leurs victimes en troupeaux d’animaux, pressés à coups de cravache pour en faire autant de marchandises à traiter, de « Stucken », sans jamais croiser un visage, un regard qui auraient pu réveiller en eux la conscience morale. Or le visage cadré par la photo excelle au contraire (et il faut bien sûr rappeler ici Lévinas mentionné par Yves Citton) à remuer notre conscience de partager la même humanité ; dans ses photos, Maryvonne étend ce sentiment d’humanité déchue et en souffrance aux humbles objets, sandales, anoraks ou gilets de sauvetage laissés épars sur la plage.

Ce dispositif technique du gros plan ou celui de l’arrêt sur image ont donc une force éthique, évidente dans « En vie ». Là où (par la force du nombre) une administration débordée trie les hommes comme des bestiaux, là où les frontières se ferment et entassent entre les rails du chemin de fer interrompu des familles désoeuvrées privées d’abri, il est essentiel de nous rappeler que ce que nous voyons quasi quotidiennement sur nos écrans n’est pas un flot mais une succession de destins poignants, de vies en quête d’aide et de salut. Le non-film de Maryvonne fait partie de ces gestes humanitaires très simples des Grecs qui, à Lesbos, tendent aux arrivants un bol de soupe, une tasse de thé chaud… La photographe leur rend leurs visages, une parcelle de leur identité ; et à nous, tentés de prendre toujours et partout la confortable attitude du spectateur, les saccades et les soubresauts de l’image rappellent que nous ne somme pas exactement au spectacle, ils secouent ce banc tranquille d’où nous contemplions la mer.

 

Avec le soutien du ministère de la culture et de la région Auvergne-RhôneAlpes dans le cadre de l’Appel à projet Mémoires du XXe siècle, du CHRD de Lyon, du cinéma Utopia d’Avignon, des Etats généraux des migrations, de l’université-Grenoble-Alpes (UMR LITT&ARTS)

Paysage > paysages

paysage>paysages est un événement original d’un type nouveau, présenté sur les 7 431 kilomètres carrés du département de l’Isère durant les 3 mois de l’automne 2016.

Il est porté par le Département de l’Isère, sur une proposition artistique de Laboratoire.

paysage>paysages est un programme associant une multiplicité d’acteurs provenant de la culture, du patrimoine, de la nature, de l’aménagement du territoire, de l’éducation, de la recherche, de l’enseignement supérieur, de la mobilité, du tourisme, ….

En s’appuyant sur les qualités évidentes des paysages de l’Isère, notre objectif est de développer et partager un nouvel imaginaire territorial. Car à l’heure d’une mondialisation amplifiant les standardisations techniques et l’uniformisation des modes de vie, des spécificités demeurent qui ne sont ni des crispations d’identité, ni des traces mémorielles. Ce sont nos trajectoires dans ce milieu particulier qui forment patrimoine et dont nous voulons explorer le récit en associant des initiatives artistiques innovantes et des formes collaboratives et ludiques ouvertes au plus grand nombre.

Dans son étude récente pour la Datar, le philosophe et sociologue Bruno Latour décrit cette actualité : notre cadre spatio-temporel est devenu intenable. C’est une transformation de tous les lieux, de tous les territoires, qui subissent chaque fois différemment les mêmes effets de désorientation par la découverte de dépendances mondiales et d’attachements imprévus. Il y a au coeur même de l’idée de territoire une contradiction qu’il faut clarifier si l’on veut pouvoir renouer le territoire réel avec des représentations crédibles et rassurantes. (…) Peut-on rendre à nouveau habitables, c’est-à-dire habituelles et même confortables, rassurantes, familières de telles variations dans notre nouveau cadre spatio-temporel?

En ce sens, paysage>paysages doit rendre confortable et explicite notre territoire proche, générer de nouvelles représentations, traduire des usages inconnus, anticiper des pratiques, faire de ce territoire notre bien commun.

De nombreux artistes et auteurs, de toutes disciplines interviennent dans les 7431 Km2 du département. Voici quelques exemples parmi les 160 rendez-vous programmés :

Chris Kenny « au milieu de nul part » au Musée Hébert de La Tronche du 16 septembre au 30 avril 2017,

www.Chris kenny

Yann de Fareins « l’Isère, à la limite » dans la cour du musée de l’Ancien Évéché à Grenoble du 16 septembre au 15 décembre 2016,

www-YdeF-Evieu-07

– Henry Torgue « concert de paysages » au Théâtre antique de Vienne et à la MC2 de Grenoble les 17 et 18 septembre 2016

– Mathieu Pernot « paysages habités » dans le Hall de MC2 du 16 septembre au 17 décembre 2016,

www_mathieu_pernot

ainsi que « le grand ensemble » à la Maison de l’architecture du 8 novembre au 16 décembre 2016,

www-MP-Le meilleur des mondes

– Daniel Bougnoux, Patrick Chamoiseau, Christian Garcin, François Jullien, Jacques Lacarrière, Marie-Hélène Lafon, Céline Minard, Alain Roger, « Le Paysage : mots pour mots «  , une proposition de Philippe Mouillon, au musée de Grenoble du 16 septembre au 16 octobre 2016

www-mots pour mot

– Jeremy Wood « true places » au Vog de Fontaine du 5 octobre au 5 novembre 2016

– Ingrid Saumur « courbure du Drac et de l’Isère «  à la maison de l’architecture du 6 octobre au 4 novembre 2016

www-Ingrid Saumur_6950

Pour en savoir plus et découvrir jour par jour tout le programme : paysage-paysages.fr