Mai 15, 2012 | Laboratoire fr
A l’occasion de l’ouverture de l’Hôtel de région Rhône-Alpes construit par Christian de Porzamparc, l’équipe conduite par Philippe Mouillon a élaboré une exposition à la fois interactive pour les visiteurs et ouverte aux contributeurs disséminés dans le territoire. Chaque visiteur peut cheminer en constituant sa propre exposition puis en l’abandonnant à la disposition des visiteurs suivants. Chaque habitant ou usager de Rhône Alpes peut la compléter en déposant des contributions sur un site dédié.
Le cheminement prend appui sur une grammaire de lieux-dits témoignant d’un réel désormais dispersé, oublié. Les lieux-dits sont autant de récits fragmentaires, lacunaires, mais tenaces, de connivences intuitives, d’expériences pratiques, de combinaisons sensorielles, d’événements sensuels et érotiques accumulés puis légués par les individus ayant pratiqué ce territoire avant nous. Ils trament le territoire, le traduisent et l’incorporent dans des interprétations du monde.
De ce terreau s’échappent des figures inattendues d’une grande puissance de désorientation. De la Grotte Chauvet au Palais Idéal ou à l’unité d’habitation de Firminy, quelques ouvrages révèlent en effet une profondeur imaginaire nouvelle qui excède tout ancrage dans un lieu et dépasse toute inscription dans un temps.
Ils rompent les contraintes établies. Ils se projettent au-delà. Ils abusent, débordent, déforment, affolent. Ils sont guidés seulement par l’intuition d’un autre possible élargissant les possibilités humaines, augmentant l’espace d’hypothèses et d’interprétations nouvelles. Ces ouvrages font émerger une perception exogène, déterritorialisée, amnésique qui renouvelle et revitalise fortement les représentations spatiales et temporelles en leur associant des textures, des saveurs, des perceptions inédites.
Ces formes déconcertantes, d’une virulente capacité de désorientation, sont en quelque sorte le prétexte à nous interroger sur l’orientation. A l’ancrage identitaire et aux formes héritées, elles répondent trajectoires, logiques floues, turbulences incalculables. Elles déboussolent, mais anticipent pourtant les formes prochaines de territorialisation.
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Une exposition crée par : Maryvonne Arnaud, Yann Blanchi, Philippe Marin, Philippe Mouillon
Avec les représentations de :
Maryvonne Arnaud : chronophotographie
Marjolin Beltrol : plan-fixe
Gaëlle Cintré : street-view
Vincent Costarella : photographies des usages Jérôme Duc-Maugé et Sylvie Perrin : court-métrage
Léo Duverger : promenade à vélo
David Mouillon : précipité
Jessie Morfin : lieux-dits
Sylvain Pauchet : panoramique 360°
Fabien Ponçon : cartographie numérique
Zygmunt Z : GPS
Composition générale : Philippe Mouillon
Scénographie : Maryvonne Arnaud et Yann Bianchi – www.superlab.fr
Environnement numérique : Philippe Marin et Sylvain Pauchet – www.astrolab.net
Secrétariat général : Violette Page
Relecture, traduction : Pascale Garnier
Graphisme : Pierre Girardier, Philippe Borsoi
Post-production numérique : Fabien Ponço
Cartographie : Jessie Morfin
Recherche iconographique sur internet : Violette Page
Régie : Emmanuel Davias
Étude mécanique : Michel Arnaud
Médiation de l’exposition : les étudiants de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon
Production : Laboratoire sculpture-urbaine www.www.lelaboratoire.net
les contributions de : Images partagées sur les sites d’échanges Flickr et Facebook : Silvain Ajonc, B.Martine, Guillaume Bacciotti, Emeline Belliard, Adrien Bey, Manuel Bigourdan, Yann Botella, Alain Boué, Alain Cachat, Romain Cassagne, François Cattin, Philippe de Chabot, Guillaume Chagnard, Loïc Chollier, Olivier Clozel, Sheila Cromie, Sailly David, Théophile Demarle, Christophe Durand, Jérémie Duval, Denis F., Helio Garcia, Stéphane Gemmani, Rémi Genoulaz, Pierre Goiffon, Denis Guillaume, Lulu Guiraud, David Huguet, JaHoVil, Frédéric Joly, Schaguy Jung, K r y s, Ludovic Launer, Mathilde Mariette, Pieter Morlion, Oras, Pattoune, Marie-Christine Petitjean, Thomas Pollin, Claude Richard, Richard Reverte, Christophe Ronat, Eric Simon, Stefho74, Jérémy Thille, ToyPinChao, Tom Van Der Sijp, Minke Wagenaar architect NL, Jean-Louis Zimmermann
crédits et remerciements Hôtel de Région : © Adagp Paris 2011, Christian de Portzamparc, Antoine Cardonna, Jean-Paul Bajard, Grotte Chauvet : Jean Clottes / DRAC Rhône-Alpes, David Huguet, Ardèche Images, Syndicat mixte Espace de restitution de la Grotte Chauvet-Pont d’Arc Unité d’Habitation : © FLC Adagp Paris 2011, Jacques Léone / Grand Lyon, Pierrick Arnaud / Région Urbaine de Lyon, Marc Chatelain, le réseau Utopies Réalisées – un autre regard sur l’architecture du XXème siècle www.utopies-realisees.com, Gare TGV : © Adagp Paris 2011, Jean-Luc Rigaux, Théâtre Antique : Jean-Luc Rigaux Couvent de la Tourette : © FLC Adagp Paris 2011, Jacques Léone / Grand Lyon, le réseau Utopies Réalisées – un autre regard sur l’architecture du XXème siècle www.utopies-realisees.com Cité du Design : Jean-Luc Rigaux Les Gratte-ciel : Pierrick Arnaud / Région Urbaine de Lyon, le réseau Utopies Réalisées – un autre regard sur l’architecture du XXème siècle www.utopies-realisees.com Station des Arcs : © Adagp Paris 2011, Eric Dessert, David Magnin Les Etoiles : Jacques Léone / Grand Lyon, Pierrick Arnaud / Région Urbaine de Lyon, le réseau Utopies Réalisées – un autre regard sur l’architecture du XXème siècle www.utopies-realisees.com Maison Unal : Joël et Claude Unal, Château d’eau : © Adagp Paris 2011, Pont en fil de fer : Jean-Luc Rigaux, Nouvelle buvette, © Adagp Paris 2011.
Nous remercions tout particulièrement l’ensemble des services de la Région Rhône-Alpes pour leurs aides et leurs conseils.

Fév 28, 2012 | editions fr, local contemporain fr

local.contemporain 05 / 80 pages / éditions le bec en l’air
Textes de Daniel Bougnoux, Jean-Pierre Chambon, Luc Gwiazdzinski, Henry Torgue, Philippe Mouillon, Bernard Mallet, Xochipilli
Images de Maryvonne Arnaud.






La foule n’est pas aimée. Elle incarne trop l’exact opposé de l’individu-roi que sacre l’idéologie contemporaine en persuadant chacun qu’il est au centre du monde, parfaitement original dans ses choix, loin de tout suivisme grégaire.
À travers les images véhiculées par les médias, la foule physique, coagulée, semble cantonnée à des pays menaçants et jugés d’un autre âge : cohortes politiques en Iran, religieuses en Birmanie, multitudes dévastées par les inondations ou les séismes, ou encore, dans les pays riches, à des survivances nostalgiques d’une vie politique dont elle n’est plus un acteur majeur : défilés protestataires, liturgies d’indignation…
Dans la vie quotidienne, le mot «foule» n’ose plus qualifier les fréquentations massives des centres commerciaux, les pics de consommation collective, les bouchons à répétition qui rayonnent autour des agglomérations ou encore les engorgements systématiques des transports en commun.
Pourtant, même chassée du réel de proximité, reléguée à un « ailleurs » ou un « autrefois », la foule ne s’absente jamais de nos vies. Assistances, publics et multitudes ne cessent de rassembler les corps, tandis que médias et nouvelles technologies de communication fabriquent d’autres foules contemporaines.
Tentant de nous sensibiliser au fantastique potentiel d’énergie de la vie collective, ce panorama ouvre sur les modalités intelligentes de l’« être ensemble » avant son instrumentalisation dans la masse. C’est un enjeu majeur, car nous n’échapperons pas à la foule.
Daniel Bougnoux
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Fév 28, 2012 | editions fr, local contemporain fr, RECHERCHE / PUBLICATIONS

local.contemporain 04 / 80 pages / éditions le bec en l’air
Textes de Bruno Latour, Yves Citton, Janek Sowa, Stefano Boeri, Lionel Manga, Henry Torgue, Daniel Bougnoux, Philippe Mouillon
Images de Maryvonne Arnaud.
Chroniques sonores de Laurent Grappe




Nous n’avons pas réellement la géographie mentale qui correspond au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui… C’est de ce constat du philosophe Bruno Latour échangé lors de notre première rencontre qu’est né le désir de rendre visibles les mécanismes d’interprétations et de représentations d’un réel qui s’échappe. Cette fragilité des mécanismes de représentation du monde, paradoxe d’une société si gourmande d’images et d’informations, nous avons choisi de l’éprouver en abordant les précarités contemporaines.
Au-delà de l’évidente et douloureuse fragilité sociale, le précaire s’impose en effet aujourd’hui comme l’une des grandes polarités de l’imaginaire social européen en reformulation. Lorsque dans un sondage effectué en France en décembre 2007 plus de 50 % des habitants citent la précarité comme une de leurs angoisses principales, il nous semble en effet que ce qui est craint excède la seule paupérisation.
Pour être en mesure d’habiter le monde, d’agir sur le monde, il est nécessaire de comprendre les mécanismes de production de cette peur contemporaine. C’est à ce travail de (re)composition esthétique du social que sont invités ici artistes et philosophes disséminés en Europe.
Gdansk, Varsovie, Cologne, Milan, Palerme, Paris, Lyon et Grenoble sont les ancrages territoriaux de cette première étape.
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Fév 28, 2012 | editions fr, local contemporain fr

local.contemporain 03 / 100 pages
éditions le bec en l’air
Textes de François Ascher, Pierre Sansot, Suzel Balez, Dominique Schnapper, Natacha de Pontcharra, Stefano Boeri, Daniel Bougnoux, Yves Citton, Philippe Mouillon, André Gery, Yves Chalas, Lionel Manga.
Images de Aneta Grzeszykowska & Jan Smaga, Maryvonne Arnaud, Vincent Costarella, ….
L’invisible est aux usages urbains contemporains ce que la masse manquante est à la géophysique de l’univers : sans l’intégrer dans la réflexion, rien ne se passe comme on l’aurait voulu ou comme on l’aurait cru parce qu’une multiplicité d’artefacts interagit de façon foisonnante. Cette déroute n’entame guère pourtant la détermination quotidienne à ne pas les penser ou les prendre en considération. Négligés, impensés, illisibles, dérangeants, ils sont si diversifiés et si fluides qu’entre transparence et opacité, le recensement des formes et usages invisibles de notre réalité urbaine se dérobe devant une surabondance indisciplinée ! Aussi cette quête nécessite-t-elle de la patience, de l’humour, de la modestie, des protocoles nouveaux et des outils hybrides, artistiques, intuitifs, autant que scientifiques, bref une approche indisciplinaire.
Chaque époque abandonne dans l’invisible des pans différents du réel : la Rome antique se méfiait des cimetières, les reléguant à la périphérie des villes alors que le Moyen Âge en fit le cœur symbolique de la cité des vivants. Mais aujourd’hui le reality-show s’arrête aux portes des abattoirs, des salles de soins palliatifs de longue durée, ou des hospices, mais avec aplomb prétend pourtant à la transparence généralisée du réel, depuis nos alcôves jusqu’aux sièges mondiaux des plus puissants. Les vitres de cette société transparente restent pourtant obstinément lavées par des hommes de l’ombre qui ne survivent que grâce à la discrétion de solidarités immémoriales. Pour ces réseaux d’entraide de clans et de diasporas, édifices fragiles des grands précaires, doit-on comme Edouard Glissant revendiquer un droit à l’opacité ? Ou prendre en considération et faire revenir dans le processus de socialisation ces latéralités bien réelles mais reléguées dans l’invisible ? Les sans domicile fixe, les malades incurables, les clandestins, ou les très vieux pourraient avoir une fonction d’experts à l’égard des potentialités dramatiques qui nous guettent ! Ce qu’ils furent d’ailleurs à l’époque où l’élite était composée d’ermites volontairement insolvables. Les insolvables d’aujourd’hui sont au cœur d’un processus conflictuel bornant le visible et l’invisible dans l’espace public des métropoles. Ce bornage est-il négligeable ? Nous avons choisi de l’exposer ici car la dynamique discrète des invisibles demeure nécessaire pour rééquilibrer la masse manquante de notre vie quotidienne.

image de Aneta Grzeszykowska & Jan Smaga
Fév 28, 2012 | editions fr, local contemporain fr

local.contemporain 02 / 100 pages
éditions le bec en l’air
Textes de Bernard Stiegler, Pierre Sansot, Jean Yves Boulin, Eugène Savitzkaya, Ghania Mouffok, Henry Torgue, Yves Chalas, Philippe Mouillon, Jean Pierre Chambon, Ivan Vladislavic.
Images de Maryvonne Arnaud, Roberto Neumiller, Vincent Costarella, Peter Wendling.
CD Chroniques sonores de Xavier Garcia.

Avec l’espérance de vie moyenne que connaissent les Français aujourd’hui, la totalité des dimanches vécus par une personne représente 1/7e de son temps – 12 années consécutives ! C’est considérable. Imaginez des vacances qui dureraient 12 ans !
Oui mais voilà, chaque dimanche est séparé du suivant par les jours de la semaine. Et s’agit-il vraiment du même dimanche selon les périodes de la vie, selon l’entourage, selon l’état physique, mental ou affectif, selon les métiers, selon les pays ? Et puis qui a dit que le dimanche était un jour de vacances ? Ce qui semble vrai pour chacun, et depuis longtemps, c’est qu’il s’agit d’un jour à part, souvent plein de promesses, parfois d’espoirs déçus, de rencontres ou de solitudes, d’enracinements ou d’innovations. Comme un sas temporel dans la répétition des jours, comme une séquence de respiration ou d’angoisse, attendue ou redoutée.
Choisir le dimanche comme thème de ce numéro de local.contemporain est le prétexte à rêver et à réfléchir à cette autre grande dimension de chacune de nos vies : le temps. Après l’espace abordé dans le numéro 1, nous avons souhaité questionner l’autre grand axe fondateur auquel nul n’échappe. Mais pour ne pas se laisser submerger par le sujet, l’abordage prend le biais du jour de repos, du jour qui échappe à la loi du timing stressant et des actions obligatoires, du moins dans ses figures dominantes parce qu’au creux de cette brèche où se nichent plaisirs et traditions, se repèrent aussi d’autres pressions et d’autres servitudes.
Alors, que faisons-nous le dimanche ? Que deviennent nos quartiers, nos lieux de travail ou d’activités, nos foules pressées ? Tous ces lieux urbains qui se pavanent la semaine sont-ils remplacés par d’autres ? Découvrent-ils un nouveau visage ? Leur vacance est-elle une démission ? Quels visages offre une nature devenant de plus en plus citadine ? Personne n’aurait l’idée de souhaiter “bon mardi” ou “bon vendredi”. La semaine le générique “bonne journée !” suffit. Seul le dimanche possède ce privilège d’accéder à une adresse particulière. Signe de sa singularité, de son histoire et des multiples épisodes qu’il met en scène et que ce numéro vous invite autant à retrouver qu’à découvrir.