The Aegean Sea remains that of Homer.
This time there is no mention of the winds of Aeolus, pushing Ulysses away from Ithaca.
This time, it is the land of collision which refuses the disembarkment and the arrival.
This time, the shipwreck is a terrestrial will.

Erri de Luca

The boat fill up with passengers when the ship sank.
These boots have filled up because the earth is sunk.

Erri de Luca

Press article

Le plaidoyer pour l’humanité de Maryvonne Arnaud

Comment aborder la crise migratoire avec justesse ? La photographe grenobloise Maryvonne Arnaud prend le problème à bras le corps pour un “Mauvais temps” qui se décline aussi en installation et en vidéo, avec une justesse renversante. Une exposition forte à découvrir à la Bibliothèque centre-ville de Grenoble.
LE VENDREDI 21 AVRIL 2017 PAR CHARLINE CORUBOLO

Le plaidoyer pour l’humanité de Maryvonne Arnaud

Crédit Photo : Charline Corubolo

Mauvais temps

Installation de Maryvonne Arnaud
Bibliothèque Centre Ville 10 rue de la République Grenoble

Jusqu’au 6 mai 2017

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Dire que l’ère est viciée, que l’air du temps est mauvais est un euphémisme en ce début de XXIe siècle. Entre les discours excluants et les images venant du terrain, il est difficile de trouver le recul adéquat pour aborder la crise migratoire actuelle. Mais leMauvais temps de Maryvonne Arnaud, qui se déploie actuellement à la Bibliothèque centre-ville, le fait avec authenticité et pudeur. Photographies, installation et vidéo agissent de manière percutante sur la conscience, notamment grâce à la finesse de la scénographie.

Suite à de multiples voyages à Athènes, Idoméni mais aussi sur les îles de Lesbos et de Chios où arrivent par vagues des migrants de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak ou encore d’Iran, l’artiste grenobloise a composé un carnet de mer visuel où le renversement d’échelle met le spectateur face à ses responsabilités, où le manque de recul pousse à la réflexion, où les gilets de sauvetage échoués sur les plages remplacent les corps.

Des scènes fortes desquelles émerge l’espoir sur un visage souriant à travers la grisaille, malgré les mots de l’auteur italien Erri De Luca mis en voix sur les images de la photographe « Ils séparent les morts des vivants, voici la récolte de la mer. » Et voici le plaidoyer photographique de Maryvonne Arnaud pour l’humanité, pour l’éveil de nos consciences.

Mauvais temps
À la Bibliothèque du centre-ville jusqu’au samedi 6 mai